Le Pape et le Concile, p
juge, légifère, administre, qui fixe le droit et le dogme et dispose des bénéfices, c'est la monarchie absolue assise au sein de l'Eglise. L'œuvre de Grégoire YII est enfin consommée. Au lieu de ce clergé d'humeur fière et quelquefois rebelle contre lequel ce pape se vit contraint de lutter, on aperçoit un clergé soumis et toujours docile à la voix du pontife. Les rares symptômes d'indépendance qu'on parvient à saisir se manifestent uniquement chez quelques évoques mêlés à la querelle de l'Empire et aux événements de Fhérésie albigeoise. La papauté ne prétend pas encore que la nomination aux évèchés lui appartient; elle ne trahira cette prétention que plus tard. Mais déjà les élections épiscopales, ainsi que nous l'avons vu, sont toutes soumises cà l'approbation du Saint-Siège. Quand l'élection est rejetée^ le pape fixe un délai de quinze jours, d'un mois au plus, passé lequel, si l'on ne s'entend pas sur un nouveau choix qui puisse être agréé, il menace de pourvoir lui-même à la nomination ^ Quelquefois il n'y a pas d'élection ; le pape est prié directement par les intéressés de désigner l'évêque qui lui convient^. L'élection, quand elle a lieu, n'est souvent qu'une vaine formalité ^ Les évêques une fois nom-
. 1. Ep. VIII, 45; XI, 107; XII, 149 et passim.