Voy. notamment Ep. VI
2. Voyez, sur cette affaire du divorce, une très bonne étude de Géraud dans la Bihiiothèque de l'Ecole des chartes, année 1844.
pape avait pour lui tout à la fois la morale et le droit. Ingeburge était injustement délaissée et indignement traitée; on sait d'ailleurs que les questions relatives au mariage tombaient toutes, à cette époque, sous la législation ecclésiastique. Dès la première année do son pontificat, Innocent III menaçait de mettre le royaume de France en interdit, si Philippe ne consentait à reprendre auprès de lui l'épouse délaissée. Cette mise en interdit, plusieurs fois annoncée, reçut enfin son accomplissement. Nous laissons de côté la question de savoir si, au nom de la morale, le pape était fondé à punir tout un peuple pour la faute d'un prince ; cet acte de sévérité qu'on a, de nos jours, reproché à Innocent Iir, était du moins conforme aux traditions. Mais ce qu'il nous importe de constater, c'est que, malgré les avertissements réitérés du siège apostolique, la malheureuse Ingeburge, dont les épreuves avaient commencé en l'année 1193, au lendemain de son mariage, ne les vit cesser que vingt années après". Dans une cause si juste et qui avait les sympathies des contemporains, cette impuissance d'Innocent III ne serait-elle pas incompréhensible, si, comme dans la querelle de l'Empire, on ne Texpli-