Avenel, travail cité
2. Un souvenir de la réconciliation des deux époux nous a été conservé <lans un psautier ayant appartenu à Ingebnrge. (Voy. la description de ce psautier dans la BihliotJièquc de l'Ecole des chartes, 6^ série, tome III, année 1867, article de M. L. Delisle.)
quait par un afTaiblissement de l'autorité pontificale? Cet aifaiblissement se marque parles termes mêmes dont use Innocent III dans sa correspondance. Ecrivant au roi, il le prie, l'exhorte, et ne parle jamais en maître ^ Dans ses lettres à Ingeburge, il oublie même qu'il est pape : « Dieu sait que j'ai fait pour vous tout ce qu'il est possible à un homme de faire\ » Yis-à-vis de l'ensemble des fidèles, il craint, — au cas où ses efforts seraient vains, — que le Saint-Siège ne soit taxé de faiblesse, et cette crainte seule est un signe d'impuissance. « Si nous ne triomphons bientôt de la résistance de Philippe, écrit-il à Tun de ses légats, ce sera à la confusion du Saint-Siège, dont les inutiles efforts rappelleront le mot du poète :
Parturient montes, nascetur ridiculus mus^. »
Innocent III, dans une cause si émouvante et si juste, redoutait le ridicule. Est-ce là la pensée d'un homme pénétré des augustes devoirs que lui imposait un caractère presque divin ; et ne peut-on dire que, dans l'esprit du pontife, non moins que dans celui des princes, s'altérait déjà le sentiment de la haute mission de la papauté?
En ce qui regarde Philippe-Auguste, son attitude,