Ep. III
Cil celte tif Faire du divorce, était celle d'un prince impatient et opiniâtre, mais non rebelle. 11 sentait, en elVet, (jiie sa conduite n'était pas exempte de blâme. Mais combien cette attitude fut différente, lorsqu'il saisit le temporel des évoques d'Auxerre et d'Orléans, qui avaient manqué envers lui à leurs devoirs féodaux* ! Combien elle le fut surtout dans sa querelle avec Jean sans Terre, querelle continuée au mépris des injonctions du pape, qui voulait une réconciliation entre les deux rois ! Dans la question du divorce, il tâche d'échapper, il ruse, il louvoie. Ici, il affirme ouvertement son indépendance et jette au pontife ces paroles célèbres : « En ce qui concerne mes rapports avec mes vassaux, je ne suis point obligé d'obéir aux ordres du Saint-Siège ni ne relève de son jugement, et vous n'avez rien à voir, quant à vous, dans une affaire qui se passe entre rois^ » Que l'on rapproche ce lier langage de la réponse faite par Innocent III. Ce pape ne s'attendait pas une résistance aussi hautaine. Il se montre étonné, troublé {tiirbatus) ; il se défend comme ferait un accusé, il prend Philippe lui-même pour juge. « Qu'ai-je fait, lui dit-il, d'inconvenant ou d'inique ? » Il sent bien que le seul fait de répondre compromet sa dignité ; il s'en excuse, il dit : « Nous ne devrions pas entrer, sur ce point, en explications avec vous,