‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 135 sur 227 · Dupuy, Hist. du différend. Preuves, p · texte numérisé non relu

Dupuy, Hist. du différend. Preuves, p

3. Entre le concile de Latran de 1215, où Innocent III se borna à donner lecture des décrets rédigés par son ordre (Matth. Paris, Hisf. maj. rmgl. Parisiis, 1644, p. 188), et le synode de Vienne de 1311, où Clément V prononça « en vertu de la plénitude de sa puissance » l'anéantissement de l'ordre des Templiers (Labb., ConciL, XI, pars II, p. 1557), on n'en compte que deux, le premier concile de Lyon de 1245, qui attesta une fois de plus l'entière soumission des évéques (Tillemont, Vie de saint Louis, t. III, p. 83), et le second synode de Lyon de 1274, qui montra, en outre, à quel degré d'impuissance et de stérilité étaient désormais tombées ces assemblées [Le Pape et le Concile, p. 217).

sémenl, dans la Somme, la supériorité du pape sur les conciles*. Une évolution du même genre avait eu lieu en ce qui regarde le dogme. Lorsque, au xii^ siècle, Jean de Salisbury disait que quiconque s'éloignait de la doctrine de Rome était hérétique ou schismatique", il exprimait une opinion qui alors était nouvelle et menaçait de s'établir. Au siècle suivant, cette opinion avait fait de tels progrès que saint Thomas d'Aquin affirmait, comme un principe indiscutable, que le pape avait le droit d'imposer une nouvelle confession de foi et qu'à lui seul appartenait de résoudre toutes les questions de doctrine \ Enfin, tandis qu'Innocent III, parlant des prérogatives du Saint-Siège, écrivait que celui-là seul qui établit le droit a pouvoir de le discerner \ Boniface YIII déclarait que le pape porte tous les droits dans sa poitrine [omnia jura in scrinio pectoris siii censetur hahereY .

Le titre de « vicaires de Pierre », qu'avaient pris les papes avant le xni^ siècle, ne leur paraissant plus en rapport avec les progrès Je leur puissance, ils adoptèrent celui de « vicaires du Christ » . C'est de

1. Summa, 2, 2, q. 1, art. 10 (Paris, 1639, in-8«, t. III, p. 21).

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