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substitué à la théologie, était-il du moins fixe en ses dispositions? Il n'y avait dïmmuable que le droit du pape à faire sa volonté. Au moyen de la formule non obstante insérée dans ses décrets, formule dont l'emploi abusif était déjà, en 1253, si sévèrement blâmé par le pieux évêque de Lincoln \ le pape pouvait ne pas tenir compte des constitutions de ses prédécesseurs, ni des siennes propres. « Le vicaire du Christ, écrivait Boniface VIIT, peut, suivant les circonstances, les lieux et les personnes, suspendre, révoquer, modifier les statuts, privilèges et concessions émanés du Saint-Siège, sans que la plénitude de sa puissance soit jamais liée par quelque disposition que ce soit^. » Le pouvoir du pape, par son excès même, était ainsi devenu un principe d'anarchie.
Maîtres de la curie, les cardinaux ne contribuaient pas moins, par leur conduite, aux troubles de l'Eglise. Plus d'une fois leurs dissentiments, leurs rivalités laissèrent vacant le trône pontifical. Sans parler d'Innocent IV, qui ne parvint au Saint-Siège qu'après une vacance de dix-neuf mois % Grégoire X fut élu (1" septembre 1271) après un interrègne de trois ans, Nicolas lY (15 février 1288) après onze