Bulle de Martin lY, ap. Tosti, ihid., p
5. On connaît cette phrase de Jacques de Yitry : « Gallia amplitudine sua cardinalium redditibus annuis tota vix sufficit. » Acta sa?ict., 23 juin, p. 675.
BONIFACE yill. 225
vrécs ensuite au plus offrant \ Les preuves de ce honteux commerce abondent dans les écrits contemporains. Saint Bonaventure, comblé d'honneurs par les papes et cardinal lui-même, ne craignait pas de déclarer que la cour de Home était la source empoisonnée de tous les vices qui infectaient l'I^^glise ". En France, comme à Rome, on trafiquait de la religion. Sous BonifaceYin, les péchés les plus graves y étaient rachetés à prix d'argenté Les mœurs des clercs étaient ouvertement déréglées ; eux-mêmes donnaient l'exemple du mépris des peines ecclésiastiques \ Il n'était pas jusqu'aux monastères où n'eût pénétré Tesprit d'indiscipline, et il suffit de parcourir le registre des visites d'Eudes Rigaud, archevêque de Rouen"', pour se rendre compte du degré de relâchement où ils étaient tombés.
D'après cet exposé, on voit dans quelle décadence était alors l'Eglise. Cette décadence frappait à ce point tous les yeux que des vœux de réforme étaient publiquement exprimés. Depuis Roger Bacon qui, dès le milieu du siècle, appelait de ses désirs un pape rénovateur ^ jusqu'à Durand de Mendc qui,