Opéra médita , p
dans un traité rédigé pou avant le synode de Vienne de 1311, déclarait que la foi allait périr, si Ton ne se hâtait de mettre un terme à d'innombrables abus \ on suit l'expression souvent éloquente de ces vœux. Est-il utile d'ajouter que l'Inquisition, alors dans toute sa rigueur, était à elle seule le signe irrécusable d'une Eglise dégénérée? Depuis qu'elle avait été instituée, les procédés en étaient devenus tout à la fois et plus habiles et plus impitoyables. Loin que. dans le clergé, aucune voix s'élevât pour les flétrir, Innocent IV avait contribué lui-même à les rendre redoutables ^ et, après lui, saint Thomas d'Aquin n'avait pas craint de les justifier dans ses écrits \ Or, s'il est vrai qu'un gouvernement qui s'impose par la violence fait par cela même l'aveu indirect de sa propre faiblesse, cette vérité est surtout applicable à celui dont l'action s'exerce dans le domaine de la foi; et plus les moyens qu'il emploie sont rigoureux, plus clairement il montre qu'il a cessé de posséder l'adhésion des esprits.
En résumé, une autorité sans mesure dévolue au Saint-Siège, et, d'une autre part, une complète décadence de lasociété ecclésiastique, tel apparaitl'étatde
1. Tvactatus de modo generalis concilii celebrandi, Parisiis, lo4o, in-12j p. 202 et passitn,
2. Ce fut ce pontife qui, eu 1252, ordonna aux magistrats civils de mettre les hérétiques à la torture pour leur faire avouer leurs erreurs, leurs complices, leurs fauteurs et leurs défenseurs. Mansi. XXIII, 573.