‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 149 sur 227 · Rayn., IV, p · texte numérisé non relu

Rayn., IV, p

posa aussitôt par un édit à Texportation de l'or et de l'argent hors du royaume *. Atteint à son tour par une mesure qui privait Rome de revenus considérables, le pape répliqua par la bulle Ineffabilis ', où, tout en rectifiant sur quelques points sa première constitution, — qu'il disait avoir été interprétée avec malignité, — il la confirmait dans ses dispositions générales, qualifiait d'insensée la conduite d'un prince qui risquait par sa témérité de s'aliéner la protection du Saint-Siège, et déclarait, quant à lui, qu'il affronterait la persécution, l'exil et la mort, pour défendre les libertés de l'Eglise ^

La vivacité de langage qui régnait dans cette bulle n'était pas moindre dans la réponse attribuée à Philippe le Bel, et qui commençait par ces mots : Antequam clerici essent, rex Francis habebat custodiam recjni sui et poterat statiUa facere \ La suite était digne de cet exorde. Le roi y disait que tout sujet, clerc ou laïque, noble ou non noble, qui refusait d'assister l'Etat dans ses besoins en était un membre

1. Philippe rendit plusieurs édits de ce genre. L'édit daté du 17 août 1296, que donne Dupuy, Uni. du diff., p. 13, ne semble pas répondre par son dispositif à celui dont se plaint Boniface dans sa bulle Ineffabilis (« quod si forsan assumpseris causam edendîe ejusdem constitutionis prsetextu nostrge constitutionis quam nuper edidimus »). Baillet {Hist. des Démêlés) se borne à dire que Dupuy a confondu deux édits en un seul, et ne donne le texte ni de l'un ni de l'autre. Cf. Fleury, Hist. eccéls., XVIII, p. 535.

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