Rayn., IV, p
(l'Arménie avail. envoyé des ambassadeurs en Europe pour demander des secours. Non qu'il eût, à cet égard, des sentiments qui n'étaient plus de son époque, mais il obéissait à l'influence de traditions non encore effacées et peut-être à l'espoir de reconquérir quelque ascendant sur les princes en les poussant vers la Terre sainte. En fait, au mois d'octobre 1298, il écrivait à Philippe le Bel pour l'intéresser à la situation du roi d'Arménie'. Le 10 avril de l'année suivante, il envoyait des missionnaires chez les Tartares ou Mongols ^ à l'aide desquels la papauté se flattait, depuis quelque temps, de relever les affaires de la Terre sainte '\ Enfin il n'est pas impossible que le bruit des préparatifs qu'au mois de septembre 1299'* le roi des Tartares faisait de concert avec le roi d'Arménie contre le sou dan d'Egypte, et que devait suivre bientôt une éclatante victoire, ne soit parvenu jusqu'au pape et ne lui ait suggéré l'idée de tenter un suprême effort en faveur d'une croisade ^ Boniface n'ignorait pas que, dans la réalisation de ces divers projets, il rencontrerait des oppositions, soulèverait des résistances,