Chron. de Giiill. de Nangh, anno
0. On sait que, dès que cette victoire, — qui eut lieu vers la Noël 1299, — fut connue en Europe, le pape écrivit à tous les princes de la chrétienté pour les entraîner à une croisade et qu il parut un mo^ ment les tirer de leur indifférence. Voy. Rayn., IV, p. 299.
et il put espérer qu'en rehaussant le prestige du Saint-Siège par des pompes inaccoutumées, il lui serait moins difficile d'en triompher.
On sait que, dans cette cérémonie du jubilé, qui s'ouvrit dans les derniers jours de février de Tan i300', Boniface parut avec les doubles insignes de l'autorité spirituelle et de l'autorité temporelle. Un héraut, placé à ses côtés, répétait à haute voix : Ecce duo (jladii; hic vides, Petre, successorem tuimi; tu^ salutifer Christe, cerne tinnn vicarium. Ce n'était point là un vain appareil ; il se rattachait à des idées que Boniface allait bientôt soutenir à la face du monde. Comment le pape avait-il été amené à déployer, sous cette forme, l'éclat de la puissance pontificale? Les documents publiés par M. Kervyn de Lettenhove contiennent, sur ce point, les plus curieuses révélations. Elles se relient étroitement, comme nous allons le montrer, au différend de ce pape avec Philippe le Bel.
Aumoisde janvier 1297, le comte de Flandre, qui s'était allié à l'Angleterre et dont le roi de France menaçait les possessions, avait interjeté appel au pape contre Philippe et envoyé des députés à Bome pour soutenir cet appel. Malgré tout le zèle qu'ils déployèrent, les ambassadeurs ne purent obtenir du pape de comprendre le comte de Flandre dans la sentence arbitrale rendue Tannée suivante entre les