‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 171 sur 227 · Dupuy, p · texte numérisé non relu

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auparavant. De même qu'en 1:297 il s'était tourné vers Philippe le Bel par crainte des Colonne, il se tourna, en 1303, vers Albert d'Autriche par crainte du roi de France. Le 30 avril, il reconnut Albert comme empereur et le détacha de son alliance avec Philippe'. Celui-ci dut être instruit de cet événement peu après qu'étaient parvenues en France les lettres d'excommunication. En présence de ce double péril, il abandonna toute mesure, et, le 13 juin, convoquait au Louvre une nouvelle assemblée ^

Dans cette seconde assemblée '\ beaucoup plus nombreuse que la première, Guillaume de Plasian reprit et développa la requête de Nogaret. Il semble même que, dans les desseins de Philippe, l'assemblée du 12 mars n'ait été qu'un coup d'essai pour préparer l'opinion. Ce qui est hors de doute, c'est que celle-ci demeura d'abord sans résultats apparents. Dans le procès-verbal que nous en possédons, rien

1. Il est juste Je signaler que Boniface ne reconnut Albert qu'ai)rès que celui-ci eût imploré « miséricorde et non jugement » du Saint-Siège (Rayn., an. 1303, iv). Quant aux efforts que le pape fit ensuite pour le détacher de l'alliance de Philippe, voy. ce qu'en dit M. Boutaric.

2. On conçoit l'intérêt que peut présenter ici la date précise des événements. Ainsi, en tenant compte des quarante jours du trajet de Paris à Rome, Boniface ne dut être instruit que le 22 avril, au plus tôt, des actes de l'assemblée du 12 mars. De son côté, Philippe ne put recevoir avant le 23 mai les lettres pontificales datées du 13 avril; et ce ne fut que dans les premiers jours de juin qu'il dut être informé de l'acte par lequel le pape reconnaissait Albert d'Autriche.

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