Dupuy, p
BONIB^ACE VllI. ili
n'indique en elîet que le roi ni les assistants eussent consenti à la demande de Nogaret. Dans la réunion du 13 juin, le roi donne, au contraire, son adhésion formelle; et, comme s'il eut attendu jusque-là pour se prononcer sur la requête du 12 mars, il déclare qu'il se rend aux propositions exprimées par Plasian et qu'avant lui^ dit-il, avait présentées Nogaret*. Par son attitude en cette occasion, le clergé donna la mesure de l'abaissement où il était descendu. L'assemblée dura deux jours, le 13 et le 14 juin. Le premier jour, Plasian s'était borné à formuler contre Boniface des accusations générales, sans en spécifier aucune, se déclarant prêt à en fournir la preuve et conjurant, dans l'intérêt de l'Eglise, les barons et les prélats d'adhérer à la convocation du concile dont il sollicitait le roi de prendre l'initiative. Les évêques, jugeant la chose grave, très grave [negx)tium arduumj imnio arduissimiim)^ se retirèrent pour délibérer. Le lendemain ils revinrent et entendirent Plasian lire contre Boniface un des plus infâmes réquisitoires qu'ait jamais inventés une politique sans honneur. C'étaient tous les vices, tous les crimes d'une époque avilie, accumulés sur un homme. Loin de s'indigner, les prélats s'empressèrent de donner leur adhésion à la réunion du concile, lequel, disaient-ils, ne manquerait pas de
1. « Nos Philippus... auditis per vos G. de Plesseiano et antea per dilectum... G. de Nogareto. >»
mettre en lumière rinnocence de Boniface, imitant en cela Fhypoerisie de Philippe, qui déclarait de son côté qu'il aurait volontiers « caché de son propre manteau les nudités de son Père ». Il est vrai que, redoutant quelque entreprise hostile de la part de Boniface, ils mirent leurs personnes, leurs droits et leurs biens sous la protection du concile et du futur pape légitime. Une seule voix protesta au sein de ce clergé sans pudeur, celle de l'abbé de Cîteaux. Dupuis a nié le fait'. Mais, d'une part, ce fait est attesté par des textes précis'; et, d'une autre part, dans l'adhésion écrite que donnèrent les prélats ', le nom et le sceau de l'abbé sont également absents. Il est superflu de démontrer qu'on ne saurait donner à l'assemblée du 13 juin, si considérable qu'elle ait été, le nom d'Etats généraux. Les accusations monstrueuses dont on flétrissait Boniface, énoncées en présence de véritables Etats, eussent vraisemblablement soulevé quelques protestations. Philippe jugea plus prudent d'obtenir l'assentiment d'une assemblée qu'il savait lui être dévouée et d'agir ensuite sur le pays. Nous disons dévouée, et ce n'est pas sans raison. Ainsi, à ne parler que du clergé, sur cinq archevêques, vingt et un évoques et onze abbés présents à la réunion du 13 juin, on ne compte qu'un archevêque, sixévêques et quatre abbés (dont