Dupuy, p
celui de Cîleaux), qui, malgré les défenses du roi, avaient été à Rome en novembre 1302; tous les autres étaient restés en France '. Les trois quarts du clergé, dans l'assemblée du 13 juin, se trouvaient donc favorables à Philippe.
Au lendemain de cette assemblée, des agents furent envoyés dans toutes les parties de la France pour recueillir les adhésions du clergé, de la noblesse et de la bourgeoisie à la convocation du concile. Ces agents n'étaient pas seulement, comme on doit le penser, de zélés serviteurs de la royauté, mais des hommes habiles autant que déterminés. Parvenus dans les localités dont ils devaient consulter les habitants, ils exhibaient leurs lettres de pouvoirs, lisaient le procès-verbal de l'assemblée du 13 juin écrit sur expédition authentique, le commentaient par leurs récits, déployaient les lettres d'adhésion qu'ils avaient pu déjà recueillir dans le cours de leur mission, et finalement requéraient au nom du roi l'assentiment qu'ils étaient venus chercher ^ Il était difficile que, dans ces conditions, la volonté royale rencontrât des résistances. On n'en constate pas, en effet, de la part des barons, non plus
1. Voy. clans Dupuy, p. 86, la liste où avaient été inscrits, par ordre du roi, les noms de tous les prélats qui étaient allés à Rome.
2. (c Lectis litteris domini régis et vulgariter explanatis... ex parte régis requisivit eos diligenter utrum adhœrerent. » Dupuy, p. 176. — « Ostenderunt processus Parisius coram rege habitos, per instrumenta authentica, et litteras diversis sigillis sigillatas. « /</., p. 138-141 et alias.
que de celle des villes'. Il convient de remarquer toutefois que, parmi les adhésions dont Dupuy a publié les actes, une seule, émanée des habitants de Bourges, fut donnée sans réserve et avec acclamation ^ Le clergé ne se montra pas tout à fait aussi facile. Tout prouve qu'on procéda contre lui par les moyens de la violence et de l'intimidation ^ Mais il rimporte d'entrer, à cet égard, en des développements qu'à notre connaissance on ne rencontre dans aucun ouvrage écrit en France sur Boniface YIII.
L'abbé de Citeaux, qui avait protesté à rassemblée du 13 juin et refusé son adhésion, se vit l'un des premiers en butte à ces rigueurs et fut incarcéré*. Un passage d'une bulle de Boniface nous apprend en outre que les religieux d'origine italienne qui osèrent résister furent bannis du royaume'. D'un autre côté, nous possédons une lettre du roi enjoignant
1. Parmi les adhésions de la noblesse, nous signalerons l'adhésion pleine de réserves et fort curieuse du comte de Rhodez : u Adhreremus quantum de jure possumus et debemus secundum Deum etjustitiam, et prout sanctre permittunt canonicœ sanctiones, salva reverentia et auctoritate sedis apostolicœ sanctaeque ac catholiccC ecciesiœ unitate, et cum protestationibns quas alii barones lecerunt... Et si alise protestationes meliores vel utiliores factce sunt per aliquos barones nos pro nobis ipsas factas esse volumus. » Dupuy. p. 168, 169.
2. « Una voce concordi et clamore, nemine contradicente, responderunt : Placet, placet. » Dupuy, p. 176.
3. « Mittuntur per regnum... ad perurgendum personas ecclesiasticas » Rec. des hist. de France, t. XXI, p. 713.
4. Kervyn, p. 25. — Gall. christ. ^ t. IV, col. 998. o. Voy, la bulle Super Pétri solio. Dupuy, p. 184.
à ses baillis et sénéchaux de prêter main-forte à Tabbé de Cluny pour châtier tous ceux de son ordre qui feraient opposition '. Philippe ne se borna pas à ces actes de sévérité. Gomme une partie du clergé aurait pu être tentée de quitter le royaume pour se soustraire à ce qu'on exigeait de lui, il rendit une sentence de mort contre tous les ecclésiastiques qui sortiraient de France". Il prit enfin une mesure qui, pour être d'une autre nature, n'en était pas moins efficace. Afin d'encourager les adhésions, il délivra nombre de lettres par lesquelles il engageait solennellement lui, la reine et ses deux fils, Louis et Philippe, à protéger les adhérents contre toute entreprise de Boniface '\
Ainsi menacé ou circonvenu, le clergé adhéra, non sans réserves toutefois. Jl est vrai que ces réserves, au fond insignifiantes et inspirées presque toutes de l'intérêt ou de la peur, importaient peu au roi. Les uns mettent à leur assentiment la condition que le concile traitera uniquement des questions d'hérésie \ D'autres établissent cette réserve dérisoire que le pape devra consentir lui-même à la réunion du concile ^ La plupart se contentent de la clause salvo honore Ecclesiœ Bomande ac fîdei catho-