Ep
rir'. Bien que, par testament, il laissât à son neveu des sommes considérables pour l'aider dans sa lutte contre Philippe, Otton sentit le coup que cette mort portait à ses intérêts. Il écrivit au pape qu'il mettait désormais en lui son unique espoir^; il lui renouvela, dans les termes les plus vifs, toutes ses promesses en faveur de l'Église, protestant qu'il ne désirait la couronne que pour veiller aux intérêts du Saint-Siège. Ce n'était plus seulement du respect, mais de la tendresse que marquait son langage. « Tous les sentiments qu'un père peut souhaiter dans un fils, lui disait-il, vous les trouverez en moi. »
Otton ne se trompait pas en redoutant les conséquences de la mort de Richard. Plusieurs des princes qui avaient embrassé son parti passèrent du côté de Philippe. Celui-ci dut croire son triomphe assuré; et ce fut vraisemblablement sous l'impression de cette confiance qu'il envoya à Rome des députés chargés de s'entendre avec le pape sur les affaires de l'empire '\ Le saint-père se plaignit aux députés que le différend dont souffrait l'Allemagne n'eût pas été, dès le début, déféré au Saint-Siège, leur parla longuement de la supériorité du sacerdoce sur les pouvoirs temporels, mais refusa, quant au reste, d'entrer dans aucune explication '\ Cette démarche était appuyée d'une lettre collective qu'adressaient au pape les principaux adhérents de