Voir une lettre de Philippe de Souabe. Ep
4. Responsio domini papx fada nunciis Pkilippi iii consistorio. Ep. 18.
Philippe. Cette lettre sèche, hautaine, où les noms des signataires et la pompeuse désignation de leurs titres remplissaient près de la moitié du texte, ne disait rien d'Otton, ne le nommait même pas, demandait à peine pour Philippe la bienveillance du Saint-Siège, et annonçait, en termes presque menaçants, que, sous peu, ce prince viendrait à Rome, en force et accompagné de ses partisans, pour ceindre la couronne impériale'. On conçoit qu'un tel message dut froisser Innocent III. Il répondit cependant, mais pour déclarer à ses auteurs que c'était à lui d'appeler à Rome le prince qui devait être couronné ; qu'il connaissait ce qui se passait en Allemagne; qu'il avait déjà examiné le mérite des deux élus et les conditions de leur élection, et qu'il se réservait de décider ce qui lui semblerait le plus avantageux pour la gloire de Dieu, l'honneur du Saint-Siège et la dignité de l'empire -.
Cette réponse et le discours adressé aux messagers de Philippe suffiraient à révéler les secrètes dispositions d'Innocent III, si l'on ne savait, par ses aveux ultérieurs, qu'il était déjà décidé pour Otton lors de la mort de Richard, et que cette mort même ne changea point ses sentiments. Le silence qu'il gardait encore sur ses dispositions n'indiquait pas qu'il eût conservé l'espoir de se voir pris pour arbitre par les princes de l'Allemagne ; mais il ne croyait pas impossible de les
1. « Certissimè (sciatis) qiiod omnibus viribus quibus possumus Romam in brevi cum ipso (Philippe) domino nostro, Divinitate propiiia, veniemus pro imperatoriœ corouationis dignitate ipsi sublimiter obtinenda. n Ep. 14.