‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 193 sur 227 · Ep · texte numérisé non relu

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amener à se rallier d'eu>;-memes au candidat de son choix, sans avoir besoin d'user de son autorité pour le leur imposer. Un moment il pensa réussir. 11 chargea un prélat ', en qui il avait confiance, d'opérer l'accord entre les électeurs et de les déterminer par son inlluence à réunir leurs sympathies sur Otton. Mais, soit que les partisans de Philippe se fussent montrés récalcitrants, soit plutôt que le délégué du Saint-Siège, favorable en lui-même à Philippe ou gagné par ses libéraiFtés, eût agi contrairement aux intentions du pontife, tout se réduisit à de vains pourparlers ^

Cependant le parti d'Otton faiblissait de plus en plus. L'un de ses plus puissants auxiliaires, Baudouin, comte de Flandre, était alors sur le chemin de Constantinople. En outre, de nouvelles défections avaient eu lieu. Ces défections étaientd'autant plus préjudiciables, qu'en retirant leur adhésion les princes gardaient le prix, souvent considérable, dont on l'avait achetée. Ainsi arriva-t-il pour l'archevêque de Trêves et le landgrave de Thuringe, qui^ en se ralliant à Philippe, ne restituèrent point les sommes qui avaient payé leurs sull'rages^ Un mariage projeté, dès l'origine, entre la

i. L'archevêque de Mayence.

2, Voir, à ce sujet, une lettre d'Otton au pape et une autre lettre de celui-ci à rarchevêque de Mayence. Ep. 20, 22.

3. (c Gravera contra te nobis... Coloniensis arcliiepiscopus queriraoniam destinavit, quod, cum ei juramento prœstito promisisses te recepturum et habiturum pro rege quem i})se reciperet ei haberet, et, ut hoc plenius observares, thesaurum Coloniensis ecclesiœ pro certa tibi pecunia obligasset, tu hactenus nec juramentum servasti, nec restituisti thesaurum. » Ep. 26 (Lettre du pape à l'archevêque de Trêves). Pour le landgrave de Thuringe, voy. P^p. 27 (^^Lettre du pape à l'archevêque de Mayence).

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fille (lu duc tic Brabant et OUon, mariage des plus utiles à la cause de ce prince, fut également sur le point de se rompre K Enlin, malgré les avertissements de la cour de Rome, le nouveau roi d'Angleterre, Jean sans Terre, qui avait succédé à son irère Richard, ne se hâtait point d'exécuter le legs fait par ce monarque en faveur de son neveu-.

Dans ces conjonctures. Innocent III résolut de se déclarer publiquement pour Utton. La détermination était grave. 11 craignit d'en porter seul la responsabilité. Il assembla ses cardinaux, et, ouvrant avec eux une délibération sur les affaires de rAllemagne, dicta un résumé des conclusions qui fut conservé, comme mémoire, dans les archives pontificales. Dans cet acte, le pape établissait les mérites respectifs des deux compétiteurs. 11 admettait que l'élection de Philippe était seule valable, si l'on considérait l'autorité et le nombre des électeurs. Mais, ajoutait-il, ce prince a été excommunié et n'est pas encore relevé de son excommunication. En outre, il a empiété sur le patrimoine de saint Pierre; car non seulement il a osé s'intituler publiquement duc de Toscane et de Gampanie, mais il a prétendu qu'il avait droit sur ces États jusqu'aux portes de Rome et que la partie môme de Rome, sise au-delà du Tibre, relevait de sa juridiction. Enfin, si Philippe succède à son frère Henri, lequel a lui-même succédé à son père Frédéric, les constitutions de l'empire sont visiblement lésées, puisque, d'élective qu'elle doit être,la couronne, en fait, devient héréditaire. Or, aucune

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