PREFACE. IX
papes ont exercée sur les g-ouvernemcnts Icniporcls. On oublie trop que,, si les évoques de Rome ont été les maîtres de la société laïque, ils l'ont été plus encore de la société relig*ieuse. En France, où l'on s'est occupé surtout des relations du Saint-Sièg^e avec les princes, on se rend moins compte de l'ascendant qu'il a exercé sur l'Eg'lJse. Nous avons cherché à mettre en lumière ce côté, imparfaitement étudié jusqu'ici, de la puissance pontificale. Nous avons montré la papauté s'avançant, dès l'époque de Nicolas I", à la domination de l'Ég-lise; cette domination établie plus tard par Grég^oire YII, et les évêqueS;, privés dès lors de leur indépendance, n'étant plus, sous Innocent III,. que les sujets de la cour de Rome. Au reste, l'histoire des rapports du Saint-Sièg'e avec l'Ëg'iise se lie étroitement à celle de ses rapports avec les souverains séculiers. Si Roniface VIII tomba aussi promptement devant Philippe le Rel, entraînant dans sa chute la papauté ellemême, — telle du moins que ces âg*es l'avaient connue, — c'est que le clerg^é, qui aurait dû la soutenir, était de long*uo date affaibli par la servitude.
Ce n'était pas seulement l'Eg'lise qui était alors abaissée; la papauté avait ég^alement dévié de son caractère. A proportion que son action gn^andit et que s'étend son autorité, on voit qu'elle s'éloignie du rôle auquel elle avait dû sa puissance. Cette déviation, déjà sensible au temps d'Innocent III, l'est davanlag^e à Tépoque de Boniface VIII; et, de l'aveu des contemporains, l'Egalise de Rome, après avoir été un principe d'ordre et d'unité, devient un principe de trouble et de désorg^anisation. Tel est l'efTet inévitable de l'excès de pouvoir. Les g^ouvernements spirituels, pas plus que les g*ouvernements séculiers, n'écbappent à cette loi de rbistoire.
Dans celles de ces Etudes qui reg^ardent Nicolas P' et Innoc;ent III, nous avons abordé incidemment plusieurs des questions qui se rattachent à l'org^anisation et au personnel de la chancellerie romaine. C'est là un côté peu connu du g^ouvernement des papes, et que nous ne croyons pas sans intérêt pour le lecteur désireux d'observer de près les procédés de leur administration. On trouvera, dans un Appendice à la fin de ce volume, une notice sur les archives