‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 202 sur 227 · Ep · texte numérisé non relu

Ep

3. « Crediderunt quidam ex infirmitate nostra se nocendi materiam assumpsisse, ac, nos mortuos mentientes, confinxerunt etiarn quod nobis alius fuerat substitutus ; quem, ut eorum crederetur am-

santé arrêta toutes ces suppositions. A l'en croire, d'heureuses nouvelles qui lui parvinrent sur Otton hâtèrent sa guérison. Il sut que le roi d'Angleterre, sortant enfin de son inertie, s'était engagé par un traité à soutenir son neveu en hommes et en argent. Déjà luimême avait obtenu précédemment la neutralité du roi de France. Indépendamment de ces avantages, le hasard des armes venait de donner à Otton quelques succès. Ce fut assez pour ramener à celui-ci des partisans. Instruit de ces circonstances, Innocent III, qui était encore convalescent, écrivit aussitôt aux princes les plus considérables de l'Allemagne, pour leur dire que les affaires d'Otton prospéraient, que son parti grandissait, et que, s'ils voulaient obtenir de ce prince quelques faveurs, ils devaient se hâter de lui rendre hommage, sans quoi, se présentant parmi les derniers, ils risquaient de voir déjà taries les sources de sa libéralité *.

Les messages transmis par Otton justifiaient, dans l'esprit du saint-père, ce retour d'espérance. A la fin de l'année I2ô3,ce prince lui annonçait qu'il ne doutait plus du succès ; qu'à cette heure il avait pour lui le roi de Bohême, le landgrave de Thuringe, le margrave de Moravie ; que, dans quelques mois, il devait recevoir l'hommage des ducs d'Autriche et de Bavière, et que dès lors tout serait terminé. Cette lettre dut faire impression sur le pontife, non moins par l'importance des faits qui s'y

plius falsitati, vocavere pro sua voluntate Clementem ; cui etiam cudentes novam buUam et lilteras componentes, substitutionem illius nisi sunt per Teutoniam divulgare. » Ep. 96 (lettre du pape aux princes de T Allemagne).

Page 1