‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 204 sur 227 · Ep. 111 (Lettre du pape au duc de Brabant · texte numérisé non relu

Ep. 111 (Lettre du pape au duc de Brabant

d'Otton. Dans le premier instant où il apprit cette nouvelle, le pape lança contre Tarchevêque les foudres ecclésiastiques et ordonna aux fidèles de l'église de Cologne d'élire un autre pasteur. Puis il se ravisa, et, tout en maintenant sa sentence, en retarda l'exécution. 11 sentait que si, par sa sévérité, il achevait de s'aliéner ce puissant prélat, c'en était fait de son protégé \

Cet événement produisit les résultats qu'on en pouvait attendre. Les défections se succédèrent rapidement dans le parti d'Otton. Aucune considération ne retint les princes qui, depuis quelque temps, semblaient s'être rattachés à sa fortune. Le roi de Bohême, qui, pour prix de son adhésion, avait obtenu du pape la confirmation de son titre de roi concédé par Philippe, le landgrave de Thuringe déjà une fois infidèle à Otton et revenu ensuite vers lui, l'abbé de Corbey dont le pape avait récompensé les services en ajoutant pour lui le droit de porter l'anneau au droit de porter la mitre, enfin Henri, comte palatin du Rhin et propre frère d'Otton, se rallièrent successivement à Philippe'. Sous l'impression de tristesse que lui causaient ces défections rapides. Innocent III écrivait : « Les princes allemands sont semblables au roseau de l'Écriture; ils plient au vent de la fortune, et le culte du succès tient chez eux la place de l'honneur ^. »

Le pape ne laissa pas de se sentir à son tour moins

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