Ep
3. « Non est amicus liominis, sed fortunée, qui sicut arundo vento, sic fortuiiis casibus agitatus, ei cui arridet in prosperis, déficit iu adversis. » Ep. 119 (Lettre du i)ape aux princes de l'Allemagne).
INNOCENT m ET OTTON DE BRUNSWICK. 329
ferme dans ses résolutions. Pourtant il essaj^a de lutter encore. Il adressa, coup sur coup, trois lettres des plus pressantes au roi d'Angleterre, le conjurant de fournir à son neveu, en troupes et en argent, les secours dont il avait besoin '. Il manda par lettres particulières aux barons et à tous les évoques d'Angleterre d'user de leur ascendant sur l'esprit du roi pour le déterminer à ce qu'il désirait de lui -. En môme temps, il écrivait à Otton d'avoir courage et de ne point se laisser abattre par la mauvaise fortune \ On peut croire qu'un dernier sentiment de fidélité à ses propres desseins lui dicta ces démarches; car il semblait avoir perdu toute espérance. Dès ce moment, en effet, il renonçait pour Otton à l'idée d'un mariage dont il avait jusque-là poursuivi la réalisation avec la plus vive sollicitude. Ilfitsavoirà ceprincequ'ildevait attendre avec patience que la fille du duc de Brabant eût atteint l'âge nubile, et que, si l'on persistait alors à la lui refuser, il pourrait contracter toute autre union qui paraîtrait lui convenir \ Dès ce moment aussi, ses lettres à Otton deviennent rares, brèves et presque froides. Enfin, ce qui était un signe non moins caractéristique de ses nouvelles dispositions, il se mit pour la première fois en rapport avec Philippe. Il pria le patriarche d'Aquilée, qui jouissait d'une grande faveur aupiès des Ho-