Quantis possumus viribus exoramus
dris dans vos Etats, comment, par quels moyens pourrons-nous, au besoin, secourir votre royaume et vous devenir un bouclier contre vos ennemis * ? » Il écrit également à Rothade, Fexborte à braver tous les obstacles pour venir à Rome *. Il se montre, de son côté, d'autantplus résolu, que Charles le Chauve semblait d'abord favoriser Hincmar. La reine Ermentrude écrivit deux fois au pontife pour le prier d'abandonner Rothade. La réponse de Nicolas I" est très digne. Il déclare que, malgré tous les soucis que lui donne cette affaire, il ne désertera pas la cause qu'il a embrassée. « Si, dans votre royaume, un infortuné, se disant victime de l'injustice, criait vers vous, vous ne repousseriez pas son appel. Comment donc semblez-vous nous exhorter à rester sourd à la voix de notre frère ^ ? »
Commencé au lendemain du synode de Senlis, ce débat ne se termina qu'en 860. Après avoir usé de tergiversations, de mensonges même pour éluder les injonctions du pape, l'archevêque de Reims laissa enfin Rothade venir à Rome. Celui-ci demeura huit mois dans la ville de saint Pierre, sans que ni Hincmar, ni personne en son nom se présentât pour l'accuser. Cette absence d'accusateurs fut considérée par le pontife comme un témoignage indirect de l'innocence de Rothade. Il le déclara ré-
1 . « Contra adversarios protectionis clypeum. » Ep. 36. Cf. Ep. 37, 48.