‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 31 sur 227 · Ep · texte numérisé non relu

Ep

NICOLAS l^'\ 33

labli dans sa dignité épiscopale, et, par diverses lettres, notifia cette sentence à Hincmar, à Charles le Chauve, aux évêques du royaume de France et aux fidèles du diocèse de Soissons \ Muni de toutes ces lettres, Rothade retourna en France, où il reprit possession de son siège, qu'il garda jusqu'à sa mort en 868.

L'ardeur persistante qu'en cette occasion déploya Nicolas P"", non moins que la résistance opposée à ses efforts, prouve que ce droit d'appel au Saint- Siège était alors contesté. Le pontife sentit luimême la nécessité de s'appuyer sur l'autorité des textes canoniques. Il le fit dans trois lettres, une aux prélats qui avaient condamné Rothade, une autre à Charles le Chauve, et une circulaire qui fermait le débat et qu'il adressa à tous les évêques de France. Dans la première, il cite un décret du concile de Sardique, qui attribue à l'évêque déposé le droit d'appeler au pape, et à celui-ci le droit de provoquer un nouveau jugement en présence de ses légats \ Dans la seconde, il se prévaut d'un canon du concile de Chalcédoine, aux termes duquel un évêque ou un clerc, qui aurait à se plaindre de son métropolitain, peut en référer au primat du diocèse ou au siège de Constantinople ; et de là il conclut à fortiori pour le droit d'appel au siège de Rome ^

Page 1