Ep
et leur rappelle les paroles de rËvangile qui prêchent la douceur et la clémence \ A cette œuvre de pacification il convie les évêques : « Unissez-vous à nous, leur dit-il, pour détruire les discordes, extirper les haines, et répandre partout l'esprit de conciliation et de paix". » Lui-même apparaît, dans une certaine mesure, comme le médiateur des princes et le tuteur des peuples. Lorsque, dans Taffaire Rothade, il soutient le droit d'appel au Saint-Siège, il entend que ce droit serve de bouclier non seulement aux ministres de FEglise, mais aux rois et aux populations mêmes. On a vu également que, si les évêques et les puissants du siècle sont appelés à son tribunal, les petits, les humbles viennent aussi vers lui réclamer sa justice. Il n'accueille pas uniquement les faibles qu'a frappés l'iniquité, mais les pécheurs que charge le poids du remords. « Des diverses parties de la terre, écrit-il, des personnes de tout âge, de toute condition, redoutant la violence de leurs seigneurs ou coupables de quelque crime, viennent vers l'Eglise romaine comme vers la mère universelle, et lui demandent le salut de leurs corps et de leurs âmes ^ » Il fait enfin de la papauté cette magistrature suprême et tutélaire dont Fidée s'incarnera un jour dans Grégoire YII avec plus de force et d'éclat.