‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 76 sur 227 · Ep. V · texte numérisé non relu

Ep. V

5. Bonitho, Lib. ad am. 1. IX. — Sigebertus in Mon. Germ. SS. VI, 3G4. — Voir la discussion de Jafle sur ce sujet, Mon. Greg., p. 68.3, n. 2.

H la rendre acceptable, et il y a lieu de supposer que ces traditions ne furent pas sans influence sur Fesprit de Grégoire'. Quoi qu'il en soit, la conviction absolue de la légitimité du système qu'il s'efforçait d'établir, conviction qui seule explique l'énergie de sa conduite au travers des événements, peut seule expliquer aussi le ton de sa correspondance. Tout en se ressentant du feu dont il était animé, et souvent éloquentes, ses lettres sont d'ordinaire sèches et brèves". Elles annoncent un maître qui veut être obéi, non un homme qui cherche à persuader. S'il s'épanche et découvre le fond de son cœur, ce sera dans de très rares lettres adressées à un ami, tel que Hugues, abbé de Cluny', ou à la comtesse Mathilde, qu'il chérit d'une affection mêlée de mysticisme. Le caractère impérieux de ses lettres se révèle jusque dans la suscription, qui varie selon les personnes auxquelles il s'adresse, et qui ne contient la formule usuelle du salut apostolique que pour celles qu'il en juge dignes. Il avait d'ailleurs une entente naturelle de l'autorité, qui lui fut d'un grand secours dans l'application de ses idées théocratiques. On retrouve en lui, sous ce rapport, le génie particulier à la race romaine. Rien, à cet égard, n'éclaire

1. Ep. II, 7d. — Voir, sur ce point, une lettre intéressante de Pierre Damien in Baron., Ann. eccl. XVII, p. 199.

2. Quand il écrit de longues lettres, il s'en excuse « Non est consuetudiuis nostrce alicui tara prolixam epistolam facere, nisi res magna sit valde. » Ep. YIII, 57.

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