‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 86 sur 227 · Voy, la sentence n · texte numérisé non relu

Voy, la sentence n

2. Bibliothèque de l'École des Chartes, année 1872, p. 378-385.

3. Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici qu'un contemporain de

GRIOGOIRK VII. 127

Une question, qui ressort de ces considérations, se présente naturellement à Fesprit. Grégoire croyaitil à rauthenticité des Fausses Décrétâtes, invoquées par lui non seulement dans ses Dictatiis, mais dans les lettres les plus importantes de sa correspondance'? Ici nous touchons au côté faible du caractère de Grégoire. Tout entier à la grande œuvre qu'il poursuivait, cet homme, austère dans ses mœurs ^, de convictions ardentes et désintéressées , d'une énergie égale à son activité, d'une intelligence dont on ne peut nier la hauteur, et chez qui se révèle une étonnante capacité administrative, ne semble pas avoir été toujours exempt de reproches dans l'emploi des moyens propres à réaliser ses projets. En ce qui regarde les Fausses Décrétâtes, il n'est pas à penser que Grégoire suspectât un document qui, dès le temps de Nicolas I", avait commencé de s'introduire dans la littérature canonique, et sur lequel s'étaient étendus ensuite deux siècles de ténèbres. En revanche, sous le pontificat même de Grégoire, se produisaient d'autres falsifications dans le but

Grégoire, Bonizo, l'auteur du Liber ad amicum, composa un traité (Ums lequel, au chapitre intitulé De excellentia ecclesiœ Romame, on trouve quarante propositions dont un certain nombre, soit par le sens, soit même par les termes, correspondent directement aux Dictatus. Voy. Nova Bibliotheca patrum^ pars tertia, p. 47, 48. Romœ, 18o4, in-fo.

1. Ep. VI, 35, VII, 2 ; VIII, 21. Dans la lettre VI, 35, il y a une longue page extraite mot pour mot du Pseudo-Isidore.

2. Au milieu de tant d'injures adressées à Grégoire, le cardinal Benuon ne dit rien contre ses mœurs.

manifeste de soutenir le système de ce pape. L'un des chapitres les plus intéressants du livre le Pape et le Concile Q?>i consacré à l'examen de ces falsifications'. Des hommes de l'entourage de Grégoire se mireut, sans scrupule, à remanier le droit de FËglise dans le sens conforme aux idées de leur maître. Le principal de ces auxiliaires, Anselme de Lucques. composa, sur Tordre du pontife, un ouvrage considérable, destiné à servir la puissance monarchique de la papauté, et dans lequel, aux inventions du Pseudo-Isidore, il ajouta une série de fictions nouvelles qui entrèrent plus tard dans le livre de Gratien".

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