‹ La papauté au Moyen ÂgeChapitre 89 sur 227 · Ep. IV · texte numérisé non relu

Ep. IV

2. Ep. I, 46,72; V, 4; VII, 10, 14; VIII, 7, 10, 14; 27; Ep. coll. 13, On connaît les excès commis à Rome par Robert Guiscard, qui, sur la fin du j)onlificat de Grégoire, vint délivrer ce pape prisonnier au château Saint- Ange. Eu allant, peu de temps après, terminer ses jours auprès de ce prince, Grégoire ne témoignait pas, ce semble, qu'il désapprouvât ces violences.

132 LA PAPAUTE AU MuYKX AGE.

Ne redoutant pas la mort', allant par moments jusqu'à la désirer", exhortant les évéques à ne la point craindre, à Taffronter au besoin^ il semblait par cela même ne pas se faire scrupule d'y exposer les autres hommes. Si peu surprenant qu'il soit de voir, à cette époque troublée, Tépée tirée pour les prétentions de l'Eglise, il convient de remarquer que ce recours à la force répugnait alors à certaines âmes honnêtes. Le Liber ad amicum de l'évêque de Sutri nous apporte, à ce sujet, de curieuses révélations. Plusieurs pages de cet opuscule sont consacrées à justifier l'emploi du glaive au service de l'Église^ ; et, de l'aveu même de l'évêque, ces pages sont la réponse à une question qui lui avait été adressée ^ On ne peut douter que l'évêque de Sutri ne se fasse ici l'écho des doctrines de son maître et de son ami. Or toute la discussion du prélat a pour objet de légitimer par avance la mesure terrible à laquelle Innocent III devait se porter plus tard, l'extermination des hérétiques ^ Déjà, dans sa rigueur, Grégoire en était venu à excommunier les morts'. Encore quelques pas dans cette voie, et

Page 1