L. Delisle, op. cit.. p
table de sa correspondance; il ne devait non plus intervenir dans celle des lettres litigieuses, sortes de factums où étaient relatés en détail tous les incidents des débats soutenus en cour de Rome. On doit croire, au contraire, que les lettres qui se rattachaient aux grandes affaires de son pontificat, comme les affaires d'Allemagne et de la Terre sainte, représentent sa pensée particulière. Le style, non moins que la nature ou fimportance de l'affaire, peut aussi servir de guide. Non que les letties des registres diffèrent sensiblement au point de vue de la correction des termes. Hormis des transpositions de mots et quelques formes barbares, échappées sans doute à l'impéritie ou à la rapidité des scribes, le style des actes est, en général, correct. Mais, dans un certain nombre de lettres, le langage a un mouvement qui trahit visiblement une pensée personnelle; telles sont les lettres adressées à Philippe-Auguste au sujet d'Ingeburge, à Otton sur les affaires de l'Empire, et d'autres, non moins vives, éloquentes même, écrites au sujet de la Terre sainte ou de Fhérésie albigeoise. Au mouvement du style se joint souvent une recherche, non moins caractéristique, dans l'expression. Innocent III était en effet un lettré. Il n'était pas seulement versé dans la littérature sacrée et profane, ainsi que l'affirment ses biographes' et que l'attes-