‹ La papauté et les zouaves pontificaux [microforme]Chapitre 17 sur 34 · TROIS GRANDES FIGURES · texte numérisé non relu

TROIS GRANDES FIGURES

LE GÉNÉRAL KANZLER

Herman Kanzler, général de l’armée pontificale, naquit dans le duché de Bade, (Allemagne). Sa famille ne portait aucun titre de noblesse. Kanzler a su, par ses précieuses qualités, s'élever à la vraie noblèsse : celle de l'honneur suivant les principes de l'Eglise. Il a passé plusieurs années au service du Saint-Siège, et, pendant toute cette période, il s’est distingué par un jugement supérieur, une bravoure hors ligne et un sang-froid raisonné.

En 1866, Kanzler fut promu au grade de général et appelé au poste important de pro-ministre des armes à la place de Mgr de Mérode. Cette nomination fut mal accueillie, mais le nouveau général parvint à fermer la bouche à ses ennémis par son honorabilité, sa distinction, ses brillantes qualités du

cœur et de l'esprit et son exquise politesse envers tous ses subalternes. |

Il serait trop long d’énumérer ici toutes les batailles dans lesquelles le général Kanzler se couvrit de gloire, depuis Castelfidardo jusqu’à la prise de Rome, en 1870. Les nombreuses décorations qu'il portait sur sa poitrine, le prouvaient d'une manière éclatante.

Kanzler était lieutenant-colonel à Castelfidardo ; il fut ensuite tour à tour colonel, général et pro-ministre des armes. Après la prise de Rome, il aima mieux rester au Vatican plutôt que de retourner ans sa famille. ,

LE COLONEL ALLET

Tout le régiment des zouaves pontificaux avait décerné à nôtre colonel Allet le titre de papa ; et certes, il le méritait bien ; car jamais père n’aima plus tendrement ses enfanis. Plusieurs fois on lui avait offert le grade de général de brigade ; mais il avait toujours décliné cet honneur en disant : “ Je demande qu’on me laisse à la tête de mon régiment. Il y » beaucoup de généraux, mais il n’y a qu’un colonel des zouaves pontificaux.”

Le colonel Allet était courtois, brave, et se faisait

surtout remarquer par un grand sang-froid. La bataille de Mentana nous en fournit une preuve éloquente. Il a passé plus de trente ans au service du Saint-Siège, et, pendant tout ce laps de temps, il n’a cessé d'entretenir les meilleurs rapports avec ses supérieurs et ses inférieurs. En dehors du service militaire, il se faisait un plaisir de causer avec le plus simple soldat.

Notre colonel était un parfait chrétien. Il savait braver le respect humain. A toutes les retraites qui avaicnt lieu chaque année, à l’occasion de la communion pascale, on le voyait prendre place le premier à la Sainte Table.

Notre papa n’aimait par à sortir dans le grand monde. Quand les convenances le forçaient à figurer dans la haute société, il ne le faisait qu’à contrecœur, et alors, lui si brave, il paraissait timide et gardait presque toujours le silence.

Un jour, on lui demanda, dans un salon, de vouloir bien raconter la bataille de Mentana, où les zouaves s'étaient immortalisés. Après de pressantes sollicitations, il se décida à parler. “ O mon Dieu, dit-il, c'est bien simple et bien court : la colonne défilait par la voie Nomentana. J'étais avec l’étatmajor ; à cinq ou six kilomètres de Mentana on entendit commencer la fusillade, et en quelques

minutes le feu devint des mieux nourris. Je piquai de l’éperon pour voir où en étaient les zouaves ; déjà ils étaient tous lancés, éparpillés par les vignes et jouant de la baïonnette comme de bons enfants.” Et, puis ?—‘ Et puis... Mon Dieu ! ils sont revenus le soir se ranger autour de leur‘drapeau, et ils avaient remporté la victoire.” ‘

Tel est l'homme que les zouaves avaient à leur tête. À

Après l'invasion des Etats de l'Eglise, le colonel Allet retourna à son château, en Suisse, où il mourut subitement quelques années plus tarc’.

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