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LE LIEUTENANT-COLONEL DE CHARETTE

Si le célèbre Bayard n’eût pas existé, nous pourrions appeler M. le baron de Charette le “ chevalier sans peur et sans reproche.” Sa bravoure était et est encore proverbiale. On disait, dans le régiment des zouaves : “ Brave comme de Charette” Dans tous les combats auxquels il a pris part, et ils sont nombreux, il s’est toujours conduit comme un véritable lion.

M. Athanase de Charette descend d’une ancienne famille noble. Le chef, Pierrot Charette, marquis de Final, était venu s'établir, au treizième siècle, en

Bretagne, où il avait épousé Jeanne Dubois de la Salle, demoiselle d'honneur d’Alix, duchesse de Bretagne.

Le baron de Charette est le petit-neveu de l'illustre chef vendéen, François-Athanuse de Charette de la Condrie, qui fut, le 28 mai 1796, fusillé par les révolutionnaires à Nantes, sur la place des Agriculteurs, en prononçant ces paroles : “ J'ai été cent fois à la mort sans crainte, et j'y vais pour la dernière

. fois” Il tomba en brave, après avoir lui-même commandé le feu.

Le lieutenant-colonel des zouaves pontificaux est né à Nantes, le 18 septembre 1832, du mariage d'Athanase-Charles-Marin de Charette et de la comtesse de Vierzon. De son premier mariage avec Mile de Fitz-James, fille du duc de Fiiz-James,. il eut une fille et un fils ; la mère et les enfants furent enlevés en pleine jeunesse. Il a un fils, Antoine, de son second mariage avec Mlle Antoinette Polk, fille du colonel Andrew Polk, mort de ses blessures après la guerre de Sécession. Le Président James K. Polk était le grand-oncle de Mme de Charette. Mme Polk, mère de Mme de Charette, descendait de Penn, qui donna son nom à la Pennsylvanie.

M. le baron de Charette a fait ses études classiques chez 3 Eudistes et ses études militaires à l’Acadé-

mie de Turin, de 1846 à 1848. ‘ Le 25 mai 1852, écrit le comte de Puget, il entrait comme sous-lieutenant dans les troupes du duc de Modène qui le nommait son officier d'ordonnance, le 14 août 1856,

“ A la déclaration de guerre contre l'Autriche par Napoléon III (1859), il donna sa démission, ne voulant pas, Français avant tout, se trouver exposé à porter les armes contre sa patrie (15 mai 1859).

“ Le 18 mai 1860, Charette répondit le premier à l'appel de La Moricière auquel Pie IX confiait lu mission de défendre le patrimoine de Saint-Pierre, et reçut le grade de capitaine, ayant le commandement des quinze volontaires franco-belges qui furent le premier contingent des futurs zouaves pontificaux. Pie IX, dans une audience qu’il donnait à ce groupe de jeunes gens accourus pour se donner à lui, leur dit : “ N'ayez crainte, car vous êtes au service du Droit, de la Justice et de la Vérité” Le capitaine était désigné à la première compagnie, à la constitution, commandé par le lieutenant-colonel de Becdelièvre.”

M. de Charette fut ensuite commandant, puis lieutenant-colonel des zouaves pontificaux, et enfin général des Volontaires de l'Ouest, le 14 janvier

Un auteur a dit : Nascuntur poetæ. Je crois qu’on

peut dire avec plus de raison «: parlant de M. de Charette : Nascitur miles : eur C'e le tyne dun véri. table soldat. Haute statu ee 1. ryes, fiçure énergique, regard sévère en tüduis lemps + me pathique, doué d'une gra: aplesse, Lin nme l'épée du roi, possédan! l'art à diileil iuire aimer tout en châtiant, iyantun 6 actère bouillant et quelquefois emporté, mais t iipéi par vue grande sensibilité, il a tout ce qu'il faut pour faire un soldat ; il es, né pour se battre c! pour conduire sur le chemin de la victoire, sinon d'une glorieuse défaite. Il a un passé brillant ; pas une tache n’a souillé les magnifiques pages de l’histoire de sa vie, et son nom est inscrit dans le livre des plus vaillants défenseurs de la Papauté. 11 semble avoir gravé

sur son écusson : “ Combattre et mourir pour l'église catholique.”

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