‹ La papauté et les zouaves pontificaux [microforme]Chapitre 25 sur 34 · SA SAINTETE PIE X · texte numérisé non relu

SA SAINTETE PIE X

Au mois de juin 1905, trois anciens zouaves pontificaux de Québec reçurent de Sa Sainteté Pie X la croix de chevalier : ce sont MM. C.-E. Rouleau, A.-C. Guilbault et L. Lefebvre. A la réception de cette consolante nouvelle, il y eut grande fête aux quartiers-généraux des zouaves de Québec. Voici ce que le Soleil du 30 juin dit de cette brillante démonstration : À

“ La fête charmante à laquelle les Zouaves de Québec ont pris part, hier soir, à leur salle de la halle laissera un souvenir que rien ne pourra effacer.

“ En effet, M. l'abbé T. G. Rouleau, principal de l'Ecole Normale, se rendait, hier soir, à la halle

Berthelot pour rendre visit aux Zouuves Québec dont il est le digne aumôni.r

“ Pour la circonstance, la salie avuit été décorée avec goût : une estrade avait été érigée, laquelle on avait artistement ornée de drapeaux. En avant de l’estrade, sur les côtés, on avait placé le drapeau papal et le drapeau Carillon ; M. le sergent P. Rouleau avait présidé aux décorations.

“ Quelques instants avant l’arrivée de M. l’auménier et des officiers qui l’accompagnaient, les officiers Benoit et Lockwell disposèrent les Zouaves sur deux lignes laissant un passage au milieu. A l’arrivée des invités, les Zouaves présentèrent les armes, tandis que les clairons sonnaient le salut.

“M. le chevalier C. E. Rouleau, commandant des Zouaves, s'avança alors et souhaita la bienvenue la plus chaleureuse, la plus enthousiaste à M. l’aumonier Rouleau.

Un tonnerre d’applaudissements accueillit les paroles du commandant.

“M. l'abbé Rouleau répondit fort heureusement aux souhaits de bienvenue du commandant Rouleau et profita de la circonstance qui lui était offerte pour féliciter les Zouaves de la tenue irréprochable, l'apparence martiale de chaque homme,

‘ I] ajouta quelques conseils qui furent religieusement écoutés.

M. l’aumônier a été chaleureusement applaudi.

M. le commandant Rouleau s'avançant alors, annonça qu’il avait une communication importante à faire aux Zouaves de Québec. Il s'agissait de deux décorations conférées par Sa Sainteté Pie X à deux officiers dn corps des Zouaves de Québec.

Le commandant Rouleau fit la lecture des deux lettres très importantes qui suivent.

Nous tenons à dire d’abord que les premières démarches pour obtenir ces deux décorations furent

faites par M. C.-E. Rouleau. Comme on le verra par

la date de la lettre du général de Charette, les démarches furent commencées en décembre dernier. Malheureusement, le général de Charette tomba malade et dut passer l’hiver chez lui.

Basse Motte, Châteauneuf.

Jle-et-Vilaine, ce ler décembre 1904.

Monsieur Rouleau, Lieutenant-colonel des Zouaves Pontificaux Canadiens.

Québec.

Mon cher commandant,

Et d’abord mes grands compliments. La première

qualité d’un chef est de savoir reconnaître les mérites de ses subordonnés.

Je devais partir pour Rome et y être le 8 décembre, et j'aurais été heureux de présenter au Pape, moi-même, vos demandes de décoration. Malheureusement, un empêchement imprévu m'oblige à remettre mon voyage.

Je sis, par expérience, que ces sortes d’affaires ont beaucoup plus de chances de réussite lorsqu'elles sont faites de vive voix. Je vous demande donc un peu de patience, et j'espère bien pouvoir aller à Rome sans trop tarder. Les lettres de Votre archevêque et de votre aumônier me seront d’un grand secours. J'ai reçu, presqu’en même temps que la vôtre, une bien intéressante lettre de Désilets, qui me raconte la belle cérémonie du couronnement de N.- D. du Cap, à laquelle assistaient les deux bataillons de Québec et des Trois-Rivières.

Je suis heureux de pouvoir vous redire combien j'aurais été fier de les passer en revue et de saluer mes vieux et les jeunes “ Castors. ”

Je vous le répète, mes grands compliments et laissez-moi embrasser avec l’effusion de mon vieux cœur le lieutenant-colonel commandant tous les Zouaves canadiens.

Veuillez offrir mes respectueux hommages à Mon-

seigneur l'archevêque et à l’aumônier de votre bataillon québecquois.

Tout vôtre, affectueusement,

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