‹ La papauté et les zouaves pontificaux [microforme]Chapitre 9 sur 34 · LA REVOLUTION À ROME · texte numérisé non relu

LA REVOLUTION À ROME

Pendant que ces graves «t si stres événements se passaient sur différents pois ac: Etats de l'Eglise, la plus grande tranquillité rée1s it à livme. Ce calme plat n'était que le précurseur de la tempête. En effet, le 22 octobre au soir, la révolution se déchaîna avec une furie épouvantable dans tous les quartiers de la ville sainte. A six heures, le cri.‘ Aux Armes”! fit sortir tous les zouaves de leurs casernes ; toutes les boutiques, les cafés, les restaurants et les magasins se fermèrent. Des patrouilles de zouaves et de gendarmes s’organisèrent dans toutes les rues pour faire face à l'orage ; car des bandes furieuses voulaient s'emparer des postes et des casernes de l’armée pontificale et se dirigeaient vers le Capitole pour sonner la cloche d'alarme. Mais, partout, les zouaves, les gendarmes et les chasseurs, Cucciatori, repoussèrent les émeutivrs. ;

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L'on n’entendait que d’effroyables détonations dans toutes les directions, lorsque, tout à coup, une explosien formidable jeta la terreur dans toutes les âmes. C'était la caserne de Serristoti, occupée par des zouaves, qui venait de sauter. Trois étages furent renversés, et du milieu des ruines amoncelées s’élevaient les plaintes déchirantes des blessés. Mgr de Mérode, M. l’abbé Daniel, aumônier du régiment, et le colonel Allet accoururent aussitôt. sur la scène tragique et organisèrent un service de sauvetage. On retira des décombres vingt-deux cadavres et douze blessés ; les autres zonaves étaient sains et saufs.

Les bombes Orsini jouèrent un grand rôle pendant cette lugubre nuit. Un révolutionnaire fut arrêté au moment où il en lançr:t ne. Interrogé sur son action infâme, il répondit qu’il faisait cela pour s'amuser. C'était, en effet, un agréable passe-temps au milieu des ténèbres ! Un autre bandit, porteur de deux bombes, reçut sur-le-champ la punition de son crime ; l'une d'elles fit explosion sur lui, et il fut tué raide. On le trouva baigné dans son sang.

Ce n’est qu’à deux heures du matin que l’ordre fut rétabli. Les révolutionnaires, battus et repoussés dans tous les quartiers, disparurent comme par

enchantement et s’éloignèrent de Rome au pas gymnastique.

Les garibaldiens voulaient anéantir le régiment des zouaves en soulevant cette émeute au milieu des ténèbres et en voulant miner toutes les casernes ; mais leur diabolique projet fut déjoué, et les lâches durent chercher leur salut dans la fuite, suivant leur

habitude.

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