CHAPITRE II
224. (p. 61). — Clementina, ti't. 9 de jurejur. (II, 9) : Nos prœmissis el aliis rationibus, ne quis in Rom. assumptus principem vel in postcrum assumendus, an juramenta hujusmodi per dicium H. imperatorem prsestita et per successores ipsius in futurum prœstanda, fidelitatis existant, in dubitationem deducere audeat, vel super his contrarium astruere veritati, auctoritate ap. de fratrum nostrorum consilio declaramus, Ma jut ameuta prsedicta fidelitatis existere et censeri debere. Porro prseter juramenta prsedicta idem Heinricus... taclis sacros. evangeliis juramento firmavit quod... nunquam... cum aliquo alio praefatae ecclesiae inimico vel rebelli seu eidem manifeste suspecto unionem quamlibet seu parentelam aut confœderationem iniret...
225. (p. 61). — Innoc. III, lib. II, 209 ad Patr. Constantin. « Dominus Petio non solum universam Ecclesiam, sed totum reliquit seculum gubernandum. » — Migne, 214, 760 : Iterum etiam ut se unicum Christi vicariorum designaret, ad Dominum super aquas maris mirabiliter ambulantem et Wsc super aquas maris mirabiliter ambulavit. Nam cum aquse mullie sint populi multi congre g ationesque aquarum sint maria, per hoc quod Pelrus super aquas maris incessit, super universos populos se potestatcm accepisse...
226. (p. 62). — Leur immixtion dans les affaires temporelles était également incessante. V. Ficker dans ses Vorbemerkungen zur neuen Ausgabe de J.-F. Bôhmer, Regesta imperii, V, 1. p. XXX.
227. (p. 62). — Cf. par ex. : Johann. Sarisber. Opp. éd. Giles, III, 328, Polycrat. 5, 16 : sed nec legati sedis ap. manus suas excutiunt ab omni munere, qui interdum in provinciis ita debacchantur, ac si ad ecclesiam flagellandam egressus sit Sathan a facie Domini. Concutiunt angulos domus, ut prosternant filios et filias ejus, qui languores et dolores animarum curavit in cruce. Commovent et conturbant terram, ut videantur habere quod sanari oporteat. — Pétri Blessensis epist. ap. Baron, a. 1193, 2 sqq.
228. (p. 62). — Sext. c. 1 de constitut. (I, 2) : Licet Rom. Pontifex qui jura omnia in scrinio pectoris sui censetur habere...
229. (p. 63). — Du temps de Grégoire VII la question du pouvoir dispensatif du pape était déjà brûlante. V. Bernold. de vitandis excomm. comm., Migne, 148, 1216 : Nec miseris, si Rom. pontifices hanc semper habuerint potestatem, ut canones pro tempore dispensarent. Ipsi enim sunt auctores canonum...
230- (p. 64). — Polycrat. 6, 24, opp. éd. Giles, IV, 61. « Qui a doclrina vcstra dissentit, aut haeieticus aut schismatus est. »
231. (p. 64). — Lôning, Gesch. d. K R., II, 89 sqq. — Woker, Das Kirch. F'inanzwesen der Papste, et généralement, dans tous les manuels du droit de l'Eglise. — V. App. B.
233. (p. 64). — Bonifacii epist., éd. Jaffé, Mogunt, ep. 79, 80.
233. (p. 65). — L'év. Ecbert de Bamberg, par ex., le reçut d'Innoeent III, avec les mots : personae tuas pallium, pontificalis scil. officii plenitudinem... concedimus. Migne, 217, 150.
234. (p. 65). — Les Regulse Patrum, que le Métropolite jurait d'observer, furent converties en Regalia S. Pétri, ou droits souverains. V. le serment du patriarche d'Aquilée (cité plus haut, n. 208), Gregor. Registr. VI, 17 a, p. 355 ; à comparer à celui du duc Robert Guiscard, VIII, 1 a, p. 427 ; et au serment de l'archevêque de Ravenne, dans Deusdedirt. ,lib. 4, c. 162, p. 503. Maassen, Neun Capitel, p. 192 ; Hinschius, KR., II, 545 .Comment on comprenait ces serments à Rome, et quelles
•exigences on y attachait, v. plus bas, n. 251-253.
235 (p. C5). — Au xv8 siècle, les archevêques allemands durent payer pour le Pallium 20.000 florins, qui représenteraient de nos jours la somme décuplée. Cf. Woker, à l'appendice B.
236. (p. 65). — Ep. 14, Migne, 54, 671 (également incorporé dans ie Ps.- Isidore, Hinschius, p. 618). Vices enim nostras ita tuée credidimus charitati, ut in partent sis vocatus sollicitudinis , non in plenitudinem potestatis. Cf. ep. 6, Migne, 54, 617.
237. (p. 65). — Hinschius, p. 712 : Nulli vel tenuiter... Ipsa namque ecclesia quse prima est ita reliquis ecclesiis vices suas credidit largiendas, ut in parte sint vocatx sollicitudinis, non in plenitudine potestatis... Deusdedit, lib. 1, c. 113, p. 90 donne le passage entier du Ps.- Vigile.
238. (p. 65). — Décret. Gregor. c. 5 de concess. prsebend (3, 8) : Ne plenitudo ecclesiasticœ jurisdictionis in plures dispensata vilesceret, sed in uno potius collata vigeret, ap. sedi Dominus in b. Petro universarum ecclesiarum et cunctorum Christi fidelium magisterium contulit et primatum : quse retenta sibi plenitudine potestatis ad implendum laudibilius offlcium pastorale, quod in omnibus jam constituit eam debitricem, multos in partem sollicitudinis evocavit, sicut suum dispensans onus et honorem in alios : ut nihil suo juri subtraheret, ne jurisdictionem suam in aliquo minueret. — Migne, 217, 325 : Sic a,p. sedes inter patres et coepiscopos nostros pastoralis dispensavit oneris gravitatem, sic eos in créditée sibi sollicitudinis partem assumpsit, ut nihil sibi detraheret de plenitudine potestatis.
239. (p. 66). — La majorité du concile du Vatican a affirmé le contraire dans le chap. III des décrets du 18 juillet 1870 : la « plenitudo potestatis du pape », qui est une « vere episcopalis, tantum abest, ut hœc summi Pontificis potestas officiât ordinariœ ac immediatse Mi
episcopalis jurisdictionis potestali ». Mais elle se vit contrainte de falsifier le concile de Trente, en continuant : « qua episcopi qui positi aSpiritu s. in apostolorura locum. successerunt, lanquam veri pastores assignatos sibi grèges, singuli singulos,pascunt et regunt.» (Concil. Trid. sess. 23 de ordine, c. 4 : « Proinde sacros. synodus déclarât... episcopos qui in apostolorura locum successerunt... positos a Spiritu s. regere ecclesiam Dei.)En outre, elle fut obligée de passer sous silence le passage de Grégoire le Grand sur l'Évêque Universel (v. plus haut il. 78) et à sa place de citer seulement une phrase insignifiante de ce même pape (ep. ad Eulog., Alex. VIII, 30) : Meus honor est honor unir, ecclesiœ... etc.) qui, non séparée de ce qui l'encadre, signifie justement le contraire de ce qu'on veult lui faire dire.
240. (p. 66). — Hors de Rome cependant, la chose ne paraissait pas toujours facile : témoin Bernold, de vitanda excomm. comm. Migne, 148, 1211, qui, à propos du déplacement des évêques, se voit jeté par Le Ps. -Isidore dans un cruel embarras : Ut illud Niceeni concilii de mutatione episcoporum, XI hujus concilii capite, penitus prohibetur, « ne episcopus de civitate in civitatem transmigret ». De même, le pape Damase avait formellement interdit ces déplacements : mais de saints papes martyrs comme Evaristus, Callistus et Antherus, les ont autorisés... comment, se demande Bernold, concilier ces divergences ? — Ces «papes martyrs » introduits par Nicolas I" et depuis lors à tant de reprises invoqués par les papes, ont souvent tourmenté les théologiens !
2 41. (p. 66). — Les défenseurs du pouvoir papal ont objecté à Doellinger qu'il était absurde de penser qu'une puissante monarchie, devant laquelle tout s'était courbé au moyen âge, ait pu être constituée uniquement par le moyen de faux doouments et de chartes apocryphes, surtout à une époque où presque personne ne savait lire, et où l'épée était plus en honneur que la plume. — Cela est évident. Si les papes n'avaient eu que leurs petits papiers, même falsifiés, ils ne seraient encore que les évêques de Rome. Mais ils disposaient de moyens plus efficaces,c'est-à-dire du concours des pouvoirs temporels, qu'ils paraissent avoir estimé plus haut que leurs prétendues chartes. Leurs prétentions étaient soutenues par des « Executores » agissant avec l'aide de la puissance séculière militaire, ainsi que s'en plaignait déjà l'Église d'Afrique en 424 (Coust., p. 1,057, 1062). — La Novelle de Valentinien III, provoquée par Léon I", ordonne : Sed hoc illis omnibusque pro lege sit, quidquid sanxit vel sanxerit ap. sedis auctoritas : ita ut quisquis episcoporum ad judicium Rom. antistitis evocatus venire neglexerit. per moderatorem eiusdem provinciœ adesse cogatur. (Migne, 54, 638.) — Grégoire le Grand lui-même dans la dispute des Trois-Chapitres, voulait contraindre à la soumission les évêques schismatiques par le bras séculier, l'emprisonnement, etc.. ce que défendit de faire l'empereur Maurice, Ep. I, 16, éd. Ewald, p. 22 et suiv. — Pendant le moyen âge ce fut également sur le pouvoir temporel que comptèrent les papes, plutôt que sur la vertu des documents écrits. La politique fit ce que la théorie n'eût point fait. Toute l'histoire de la papauté se résume dans l'art d'exciter prince contre prince, évêque contre évêque1, prince contre
évêguie et vice versa. Et quand elle n'avait pas à sa disposition les armées séculières, comme Executores de ses revendications, Rome avait toujours son armée permanente de moines.
Plus la barbarie et l'ignorance étaient grandes, plus il était facile de justifier une prétention théorique auprès d'un guerrier illettré, uniquement occupé du métier des armes, naïf, tenant volontiers pour authentique le grimoire que lui montrait le représentant de Dieu. « Cornes enim illitteratus ac barbai-us nescit vera a falsis discernere, et ideo fallitur », dit Bonizo, lib. 7, c. 129, Maï, Nov. Bibl., VII, 3, 60. Au moyen âge, un faux, appuyé d'une armée fanatisée, était un argument suffisant et décisif. — Les lettrés de l'époque ne possédaient pas eux-mêmes assez de critique pour discerner le vrai du faux et acceptaient les fraudes de Pseudo-Isidore comme paroles d'Evangile (voyez l'exemple de Bernold dans la note précédente.) — Si Grégoire VII a pu agir comme il l'a fait envers Henri IV, c'est uniquement en raison de ce défaut de critique et de cette crédulité sans bornes qui sont la marque distinctive des époques de profonde ignorance. L'archevêque Gebhard de Salzbourg (v. n. 169) son contemporain, le reconnaît luimême. (Migne, 148, 851.) — Les archevêques Cardoni et Scherr n'ont-ils pas, de nos jours même, berné le concile du Vatican en citant du Pseudo-Isidore ?
Certainement, il y eut au moyen âge beaucoup d'hommes dignes et courageux, qui résistèrent aux usurpations des papes et refusèrent de trahir leurs devoirs d'évêques ; mais ils furent l'exception. La grande majorité des évêques manqua de caractère viril et chrétien. Le dernier concile du Vatican a mis en triste lumière le défaut d'énergie, pour ne pas dire plus, de l'épiscopat : la minorité opposante n'a fait que soupirer, puis s'est mise à genoux.
242. (p. GC). — Innoc. III, in Décrète . 1 de translat. (I, 7) où il est fait usage du Pseudo-Anaclet : Cum ex illo generali privilegio, quod b. Pet.ro et ver eum ecclesise Rorn. D. N. induisit, canonica postmodum manaverint instituta, continentia majores ecclesiœ causas ad ap. sedem referendas (Ps.- Anaclet, I, c. 17, Hinschius, p. 74) ac per hoc translationes epliscoporum et sedium mutationes ad summœ ap. sedis antistitem de iure pertineant, nec super his quicquam prseter eius assensum debeat immutari : Miramur... Joannes XXII in Extrav. comm. c. 4 de elect. (I, 3).
243. (p. 67). — Elles sont reproduites dans l'Histoire des appels des cours de justice ecclésiastiques (Gesch. der Appellationen von geistlichen Gerichtshœfen), Frankf. 1788, p. 127 et suiv.
244. (p. 67). — Burch. et Cuonr. Ursperg. chronic. M G. SS. XXIII, 367 : Vix enim remansit aliquis episcopatus, sive dignitas eçclesiastica vel ctiam parochialis ecclesia, quœ non fieret litigiosa et Romam deduceretur ipsa causa, sed non manu vacua. Gaude, mater nostra Roma, quoniam aperiuntur cataraktae thesaurorum. in terra, ut ad te confluant rivi et aggeres nummorum in magna copia. Laetare super iniquitate flliorum hominum, quoniam in recompensationem tantorum malorum datur tibi precium. Jocundare super adiutrice tud
discordia, quia erupit de puteo infernalis abyssi, ut accumulentur tibi multa pecuniarum preraia. Habes quod semper sitisti, décanta canticum, quia per malitiam hominum, non per tuam religionem orbem vicisti. Ad te trahit homines non ipsorum devotio aut pura conscientia, sed scelerum multiplicium perpetratio et litium divisio precio comparata.
245. (p. 68). — Par ex. : dans l'écrit de récupérât. Terrae S. c. 15, dans Bongars, Gesta Dei per Franc. II, 325 : Videtis... totum in manibus domini papas, ponere ? ...et qualiter consuetum est, quod sic provisus serviat curiae de magna pecunia, aliquando 7, 8 vel 10 millibus libris, sub gravibus usuris perceptis ab Mis qui publiée vocantur papœ mercatores, qui publiée dicuntur ejus pecunias recipere, conservare et fenerare ?