CHAPITRE II
476. (p. 148). — On a souvent reproché aux derniers décrets du concile d'avoir été émis par une majorité de prêtres l'emportant sur une minorité d'évêques : d'Allemand aurait pu répondre : si les évêques avaient eu seuls droit de vote, il serait toujours arrivé précisément ce que voulait la nation italienne, puisque le nombre des évêques italiens surpassait celui des autres nations, ou tout au moins l'égalait. (/Eneas Sylvius. de conc. Basil., 1791, p. 87.)
477. (p. 149). — C'est ce que l'empereur grec fit ressortir très nettement au synode de Florence : Hard.. IX, 969 : Dicitis, quod est pater et doctor et magister Christianorum ; vellemus intelligere, an per hsec verba denotetur qusedam reverentia, quia sit primus inter omnes patriarchas, ut nos uni magno domino exhbbeamus honorem : vel inducatur aliqua potestas ultra reverentiam, quia dicitur in cedula : Caput ecclesix.
478. (p. 150). — Matth. Paris, hist. Angl. ad a. 1237, III, 457 : Divisio nostrse unitalis processit a tyrannide vestrse oppressionis et exactionum Rom. ecclesix...
479. (p. 150). — Opuscul. tripartit., part. II, c. 11, dans Brown, fascicul'. II, 215.
480. (p. 150). — Déjà en 1150, v. Gerhoch, de investig. Antichr., p. 171 : Graeci a Romanis propter avariliam, ut dicunt, se alienaverunt.
481. (p. 150). — Dans Marlot, Metrop. Rhemens., II, 557 : « Quod propter ejusmodi exacliones orientalis ecclesia ab obedientia Romande ecclesise recesserit, palet omnibus. »
482. (p. 150). — Tract, de modo gênerai, conc. celebr., p. 69 : Proverbium vulgare est, qui totum vult, totum perdit. Ecclesia Rom. sibi vindicat universa.Unde timendum est, quod universa perdat.Qui multum emungit, sanguinem elicit. Sicut habetur exemplum de ecclesia Grœcoium, quse ex hoc ab ecclesix Rom. obedientia dicitur recessisse.
483. (p. 150). — Itinerarius. Zwollis, 1487, lib. I, c. 7. — Dœllinger doit avoir commis ici une confusion ; du moins, je ne parviens pas à découvrir le passage cité dans l'Itinerarius de Mandeville. — [Grâce à l'obligeance d'amis en Angleterre, nous avons pu nous procurer le fragment de Mandeville, échappé aux recherches de M. le prof. Friedrich. Le passage visé par Dœllinger est au chap. III, p. 18 de l'édition de Londres, reprinted from the édition of 1725, with an introduction, by Halliwell, published by Ellis, 1866, et qui reproduit le texte du manuscrit Cotton : The voiage & Travaile of sir John Maundeville, A. D., 1322-46 — « And therefore Pope John, the 22est sende letters to the men of Greece, how Christine Feithe scholde ben aile on ; & that thei scholde ben obedyenct to the Pope, that is Goddis Vacrie on Erthe ; to whom God zaf (gave) his pleyn Power for to bynde & to assoile (absoudre) :and therefore 'thei scholde ben obedyent to him.And thei senten azen dyverse Answeres ; and amonges othere, thei seyclen thus : « Potentiam tuam summam. circa tu os subjectos, firmeter credimus. Superbiam tuam summam tolerare non possumus. Avaritiam tuam summam satiare non intendimus. Dominus tecuim : quia Dominus nobiscum est. » ...And other Answere myghte he not hâve of hem. » — Dœllinger a donc fidèlement reproduit l'original : seuls, les mots « Satan esit avec toi » ne se retrouvent pas dans la version du Mss Cotton, qui les remplace par « Dominus tecum » ; maisi les manuscrits du voy. de Mandeville ont été si nombreux, qu'il n'y a pas lieu de s'étonner d'une légère variante, peut-être intentionnelle, et il est certain, étant donnée la scrupuleuse probité scientifique de Dœllinger, que ces mots existaient dans l'édition qu'il avait sous les yeux. G-T.]
484 (p. 150). — Ioh. Marignolae chronic dans Dobner, Monum. hist. Bohem., II, 85 : ...swrnmam disputat&onem habuimus cum patriarcha Grsecorum et loto concilio eorum in palacio S. Sophie, ubi Deus fecit in nobis novum miraculum, dans nobis os et sapientiam, cui non
potuerunt resistere, et se necessatio esse sclùsmaticos confiteri compulsi sunt, nihil in sue dampnacionits pallium pretendentes, nisi superbiam intollerabïlem prœsulum Romanorum.
485. (p. 150). — Ainsi dans l'écrit : Criminationes contra ecclesiam latinam, qui a été composé vers l'an 1200, in Cotelerii Monum. Eccles. Lira'-C. III. 50:2 : « Eva o-jvî/.ti/.Ôv ~wj 27ravra>v ùrs/upiv. to'j Uanav. )) Ils ne pouvaient saisir cette idée'.
486. (p. 150). — Harduin, Concilia, IX, 968-974 : llli eanones non sunl nisi apocryphi. — On exhiba entre autres le Pseudo-Chrysostome du. thésaurus veritatis de Bonaccursius, l'interpolation du 6* canon du concile de Nicée, eitc... Le rôle des orateurs romains fut pitoyable, et, pour nous autres modernes, qui connaissons la source de leurs preuves et documents, ne manque pas d'un certain comique. Ainsi, par ex., lorsque les Grecs demandent de produire des ■témoignages des Pères, les Romains citent les écrits pontificaux de Clément et d'Anaclet, tirés du Pseudo-Isidore, écrits « quorum auctorvtas tarda est, ut cuiuslibet sancti doctoris » ; ou bien, ils essayent de fournir une preuve au moyen du passage falsifié de saint Augustin (v. note 159) : Ita quod lise epistolœ (decretales) secundum Augustinum inter catholicas ponuntur scripturas. Et, s'ils invoquent le Pseudo-Chryscstome du thésaurus veritatis, ils ne manquent pas d'ajouter : et habemus originale Grœcum ; ou bien, en parlant du Pseudo-Anaclet. disent : qui fuit Grœcus natione... etc.
487. (p. 151). — On voit par les négociations que l'on comprenait sous ces> mots les passages les plus forts du Pseudo-Isidore et les fictions de saint Thomas d'Aquin.
488. (p. 151). — Harduin, IX, 415 : Agebat prxlerea. de privîlegiis papse, ut habeat Ma iuxta determinationem s. scri;p]turx et dicta sanctorum. Hoc etiam non placuit imperatori : An si quis. inqv.it, sanctorum. in epistola honorât papam, excipiet hoc pro privilegio ? Propter hsec significavit papse, aut hoc corrigeret, aut de reditu ejus cogitaret. — At vero Imperator cogebat ibi aliquid apponi ; uicebat enim. ut adderetur « luxta tenorem canonum ». et non « Secundum dicta Sanctorurn. » — De même, les Grecs (1. c. 9(58) : roluisscnt videre eanones aut capitula conciliorum, ex quibus ea possunt colligi qux ponuntur in cedula et capitulo primatus. Naturellement, il fut impossible de leur montrer le canon demandé, sauf le 6" c. falsifie de Xicée : quod semper ecclesia Rom. tenuit principatum (1. c, p. 973) : c'est pourquoi les Latins cherchèrent, par leurs sophismes, à présenter aux Grecs les Décrétales des papes comme des canons.
489. [p. 151). — X. Fromann. Zur Kritik des Florent. Unionsdecrets, 1870, p. 54 sur la sophistique des Latins dans ces discussions.
490. (p. 151). — Dans le décret pour les Jacobites, Eugène IV n'énumère que les 6 anciens conciles, en ajoutant : Amplectitur etiam, veneratur et suscipit 07nnes alias universelles synodos auctoritate Rom.
pontiflcis légitime congregatas ac celebratas et coiiflrmalas, et prsesertim liane s. Floientinam... Hard. IX, 1226 sq.
491. vp. 152). — Il y a en grec : « Kotj'ôv rponov v.v.i iv rot; 7rpaxrixoiç twv ocxouusvcxuv iruvoâwv v.'/.i gv rotç 'tsooiç x.avo(Tt SiaXauStuvârxi », c'est-à-dire, suivant la manière qui est exposée dans les actes des synodes œcuméniques et dans les sacrés canons. Ceci a été honnêtement rendu dans le texte latin primitif : quemadmodum (il vaudrait mieux : juxta eum modum qui) et in gestis œcum. Conciliorum, et in sacris canonibus continetur. » — C'est ainsi que le cite aussi Biondo, dans son livre d'histoire (historiar. ab inclinât, romanor. imperii lab. 10, dec. 3, Venet., 1483). Après lui, ont reproduit les mêmes termes, le card. Marcus Vigerius (Decachordon, chorda 10, Fani 1507, f. 239), l'évêque Fisher de Rochester (Assertionis lutheranse confutat. art. 25 de primatu, Antw. 1523, f. 134), Eck (de primatu Pétri, lib. 2, c. 23, Rom. 1698, p. 144) et Pighius (Hierarch. eccles. assertio, lib. 4. c. 24, Colon. 1544, f. 239). Mais déjà, le Dominicain Antonius écrit « etiam ».
— Il convient de noter que le secrétaire du pape Eugène IV, qui donne la leçon Et — et, a contresigné l'exemplaire de Florence, et dit expressément dans «es Hist. (1. c.) : (decretum) per universum orbem misimus.
492. (p. 152;. — Quemadmodum etiam, au lieu du primitif « Et — et ». — C'est une des nombreuses improbités, dont Orsi s'est rendu coupable, quand il affirme, contrairement au fait indiscutable, révélé par les négociations, que le texte grec a été traduit du texte latin, qui cependant ne contenait pas le «etiam». (De Rom.Pontif. autor.6,11.) Launoy, Bossuet, Natalis Alexander, de Marca, le Jésuifte Maimbourg, Duguet ont depuis longtemps découvert la fourberie de la traduction.
— Dans le texte grec, immédiatement envoyé de Florence au roi d'Angleterre par le pape, manquent en outre les mots relatifs à la primauté sur toute l'Eglise, de sorte que l'on peut aussi soupçonner une interpolation dans le texte grec lui-même. Bréquigny (Mémoires de l'Acad. des Inscr., t. XLIII, p. 287-310) a démontré que tous les exemplaires du Traité d'Union, outre celui d'Angleterre, au nombre de neuf, que l'on possède encore, sont fortement suspects. Aucun n'est, original. Les cinq exemplaires primitifs ont disparu. [Le prof. Friedrich esftime que Dcellinger ici a été trop affirmatif en présentant la traduction de %«t-xa( par {quemadmodum) etiam comme une tromperie: d'après les hellénistes on peut certainement traduire xo» î'vroeç — xat -ot; par quemadmodum etiam — et ; c'est-à-dire par la leçon de l'exemplaire florentin par exemple. Dcellinger étant revenu sur ce sujet dans son Erklàrung ùber die Infallibilitœtsadresse der Concilsmajoritàt, Cecconi l'a combattu dans l'Armonia de Florence du 1" février 1870, en affirmant qu'il existait encore à Florence un des originaux et cinq autres exemplaires authentiques du décret d'Union — et la Civ. catt. a exhumé trois manuscrits de la Biblioth. Vaticane, et un original (?) du décret de la Basilica Vaticana. Enfin Fromann, un savant protestant, a également critiqué l'opinion de Dcellinger dans l'Allg. Zeitung d'Augsbourg. n" 58. 59, 1870, et dans sa brochure « Zur Kritik des Florent. Unionsdecrets », 1870 — (Cf. Friedrich, KG.,
III, 606 et suiv.). Mais, Fromann ayant montré qu'il existait encore d'autres divergences dans le texte de plusieurs exemplaires, il est impossible de considérer la question comme résolue : il serait nécessaire qu'une autorité en matière de chartes étudiât la question à fond.]
493. (p. 152). — Les Latins prenaient aussi bien « tam — quam » que « et — et » pour une confirmation. Torquemada, qui fut. lui-même un des orateurs du concile, nous en fournit la preuve, dans son Apparat, sup. dec\ union. Graec, Rom.. 1661, f. 34'.. 38'. Après avoir reproduit le texte adopté, il ajoute : Hic ponitur conflrmatio prœfati articuli testimonio sumpto, tam ex gestis œc. conciliorum, quam ex sacrorum canonum auctoiitate. (Cette confirmation est la confirmation apocryphe du concile de Xicée par Silvestre, et le reste...)