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AUTORITE DU PAPE MECONNUE

de Nicée, le dogme du Saint-Esprit, l'Église romaine n'était pas représentée. Le synode se borna à lui communiquer, comme aux autres Églises, ses décisions. Vers 378, sous Damase (366-384), deux synodes romains prononcèrent bien quelques anathemes contre des erreurs dont les auteurs ne nous sont pas connus ; mais le pape Siricius (38i-398) refusa de donner, comme on l'en avait sollicité, une décision sur l'hérésie d'un évèque (Bonosus), parce qu'il n'y avait aucun droit et qu'il devait, au contraire, attendre le jugement des évèquesde la province d'Illyrie « pour en faire la règle du sien » (16). Par contre, il rejeta, mais ici encore par l'intermédiaire d'un synode, la doctrine de Jovinien qui avait pris naissance à Rome même (1T).

Les papes eurent une part plus grande aux disputes sur le pélagianisme, appartenant principalement à l'Occident, qu'aux controverses doctrinales soulevés jusqu'alors. Innocent 1er (401-417) sur l'appel des Africains, après un débat qui avait duré cinq ans, avait approuvé les décisions de leurs deux synodes de Milève et de Carlhage (417) et déclaré un livre de Pelage hérétique. A cette occasion, Augustin, dans un sermon, s'était écrié: « L'affaire est terminée (18). » En quoi il se trompait assurément, car ce fut à dater de ce moment que la dispute devint un véritable imbroglio: elle ne fut terminée que, bien des années après, par la décision du concile œcuménique de 431. Le pape Zosime (417-418;, en effet, se prononça d'abord sur la doctrine pélagienne d'une manière tout opposée a celle de son prédécesseur immédiat, Innocent. Après avoir approuvé, avec de grands éloges, la profession de foi de Cœleslius, accusé devant lui d'hérésie, profession dans laquelle ce dernier rejetait ouvertement la doctrine du péché originel (19;, il adressa aux évèques africains, qui avaient porte l'accusation, de sévères reproches, sur ce qu'ils avaient pu signaler comme hérétique un homme aussi orthodoxe. Ceux-ci alors ripostèrent à Zosime par une lettre énergique, dans laquelle ils lui signifiaient qu'ils persistaient dans leur opinion et dans leurs décrets, en ajoutant qu'il s'était laissé tromper: puis, derechef, ils prononcèrent l'anathème sur les doctrines de Pelage et de Cœleslius dans un concile tenu a Carlhage; ce ne fut qu'après tous ces incidents que le pape finit par adopter leur décision (:'°).

On a cependant prétendu que le mol de saint Augustin, cité plus

haut, était une preuve qu'il avait admis ici cette infaillibilité papale, qu'il avait si souvent et si catégoriquement rejetée dans la question du baptême. Une telle pensée lui a été entièrement étrangère. Le système de Pelage à ses yeux était une hérésie si foncièrement destructive et si évidente {aperta pernicies) qu'il ne jugeait même pas qu'un synode fût nécessaire pour la condamner (2i). Le fait des deux synodes africains et l'accession du pape à leurs décisions étaient, dans son opinion, déjà superflus et l'on pouvait considérer la chose comme terminée. Il avait d'ailleurs lui-même énergiquement soutenu qu'une décision de Home n'était nullement concluante par elle-même, et qu'il fallait absolument pour qu'elle le devînt un conciliiim plenarium (22) ; les événements qui se produisirent à l'occasion du pape Zosime n'auraient pu que le fortifier dans sa manière de voir.

Avec l'année 430 commence une nouvelle phase pour l'activité dogmatique des papes: c'est le point de départ des négociations qui se déroulèrent jusqu'à la fin du vn° siècle, sur l'incarnation et sur la relation des deux natures dans Christ. La condamnation de la doctrine de Nestorius par le pape Gélestin (422-432) fut provisoirement réduite à l'impuissance par la convocation d'un concile général, ordonné par l'empereur; à ce concile (Éphèse, 431) elle fut alors soumise à un examen et validée (23). Lorsque, ensuite, la controverse d'Eutychès vint à surgir, parut, en 449, la lettre de Léon le Grand (440-461) à Flavien, le premier document dogmatique d'un pape; elle rencontra en Orient comme en Occident une approbation générale, non cependant sans avoir été préalablement examinée par le synode de Ghalcédoine. Léon, lui-même, reconnaissait que son écrit, pour devenir une véritable règle de foi, nécessitait d'abord semblable confirmation de la part des évèques (24).

Le pape Vigile, plus tard, fut moins heureux lors de la dispute des Trois-Chapitres, c'est-à-dire des écrits des trois théologiens Théodore, ïhéodoret et Ibas que l'on tenait pour Nestoriens : en 546, il les déclara d'abord orthodoxes; l'année suivante, il les condamna (23); mais en 553, par égard pour les évèques d'Occident, il retira de nouveau cette condamnation (26), ce qui le mit aux prises avec le cinquième synode général, lequel le sépara de la communion de l'Église. Il se soumit enfin à l'arrêt du concile, en déclarant que

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