ANNATES, RÉSERVES
Les Annat.es constituaient une autre branche importante des revenus pontificaux. Dans le sens étroit du mot, les Annates concernaient le bas clergé: depuis le xiv" siècle, tout possesseur dune prébende, dont le revenu était supérieur à 24 fl. d'or, devait payer à son entrée en charge une somme équivalant en général à la moitié d'une année de revenu — mais, déjà au xv* siècle, en Allemagne, on soumettait à la taxe même les bénéfices dont le revenu était inférieur à 24 fl. — Les bénéfices qui faisaient partie d'un cloître, et pour cette raison, n'étaient jamais vacants, étaient soumis à la taxe tous les quinze ans. Les sommes totales perçues par Rome devaient être assez importantes, puisque Ton voit le diocèse de Mayence payer dans une seule année 175.000 fl. d'annates, et l'on peut mesurer le poids dont elles écrasaient le clergé à la véhémence des plaintes qui retentissaient dans tous les pays. La nation française fit en vain entendre ses doléances au concile de Constance : les annates ne furent supprimées que par le concile de Bàle (1431 ; v. La Papauté, p. 146), mais bientôt après, rétablies par les papes au moyen des concordats. Le concile de Trente n'osa pas les supprimer, et si elles ne sont plus exigées aujourd'hui, Rome n'a point renoncé à son droit : elle en suspend seulement l'exercice.
Au chapitre des annates, il faut ajouter celui des Réserves. Rome, depuis Innocent III, s'était réservé le droit de disposer des bénéfices, abbayes et évêchés. Celui qu'elle investissait recevait un induit, ou une bulle de provision ou une bulle d'expectance, si le titulaire n'était pas encore mort. Pour obtenir l'une de ces diverses bulles, il fallait distribuer des propinre à une cohorte de fonctionnaires, et, même après avoir obtenu l'investiture, le candidat n'était pas toujours assuré d'en pouvoir bénéficier, car, pour la même prébende, on accordait souvent à un rival une nouvelle bulle, qui, au moyen de la formule : « non obstante » annulait la première. Les postulants se voyaient réduits à plaider à Rome ou à se disputer sur place le bénéfice en litige. — Souvent, les candidats