‹ La papautiChapitre 171 sur 178 · DENIER DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

DENIER DE SAINT-PIERRE

n'appartenaient même pas à l'Eglise; souvent, une prébende leur était accordée clans un pays étranger dont ils ne parlaient même pas la langue. Ainsi, en 1240, un légat arriva en Angleterre, porteur d'une liste désignant 300 Italiens comme titulaires des premiers bénéfices vacants. En 1253, les revenus des bénéfices anglais, possédés par des étrangers, s'élevaient à 70.000 mark. Au xvie siècle, le siège de Worcester fut occupé quatre fois de suite par des Italiens. Benoît XIV, en 1740, vendit au roi d'Espagne le droit de disposer des places d'Église, bénéfices, etc.. pour la somme de 133.333 scudi, plus 5.000 de traitement annuel du nonce à Madrid.

A côté des impôts portant spécialement sur le clergé, Rome percevait directement des peuples, des revenus considérables sous forme de tributs permanents, tels que le Denier de Saint-Pierre. Celui-ci a pris naissance en Angleterre aux vme et ixe siècles, à la suite des « cadeaux » que les princes prirent l'habitude de faire aux tombeaux des Apôtres. Ces « cadeaux » se transformèrent rapidement, au x" siècle déjà, en impôts réguliers. Chacun y était assujetti, du roi et de l'évèque, jusqu'au plus pauvre, qui ne possédait qu'un avoir d'un demi-mark ou quinze deniers. Une ordonnance de Guillaume le Conquérant, nous dit : « Liber homo, qui habuerit in averiis campestribus triginta denarios, débet dare denarium s. Pétri... Burgensis, qui dimidiam marcam habet in propriis catallis, débet dare denarium s. Pétri... qui in lege Danorum est liber homo et habet averia campestria valoris dimidiœ marcae in argento, dare débet denarium s. Pétri... » Une grande partie de cet impôt du Denier de saint Pierre restait aux mains des évèques et des rois : Innocent III s'en plaignit vivement, et, après lui, de même Jean XXII.

A ce Denier de Saint-Pierre, s'ajouta en outre, au xin0 siècle, une nouvelle contribution. En 1213, le roi Jean fit hommage féodal au pape de ses royaumes d'Angleterre et d'Irlande et s'engagea à lui payer un tribut annuel de 4.000 florins d'or. En 1316, Edouard II s'obligea à payer au pape l'arriéré de vingt-quatre années, c'est-àdire 24.000 marks et Edouard III fit de même pour une somme de 30.000 marks. Le mark valant 4 florins d'or, et le florin d'or environ 8 fr. 50 de notre monnaie, les 30.000 marks représentent une somme de plus d'un million de nos jours. Le Denier de Saint- Pierre en Angleterre (comme dans les pays Scandinaves) était

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