‹ La papautiChapitre 172 sur 178 · DENIER DE SAINT-PIERRE · texte numérisé non relu

DENIER DE SAINT-PIERRE

perçu par les autorités royales; des lois très sévères d'Alfred le Grand et d'Égar (en 967) punissaient les mauvais payeurs. Le Denier de Saint-Pierre fut interdit par le Parlement en 1534, et rétabli par Marie avec le catholicisme : Paul IV en réclama aussitôt le paiement sous peine des châtiments célestes.

En France, le Denier de Saint-Pierre ne fut jamais perçu légalement par les autorités de l'État. Grégoire VII cependant ordonna à un légat de forcer avec la plus grande sévérité chaque maison en France à payer sa redevance. En Allemagne, le Denier de Saint- Pierre paraît avoir été extorqué avec la plus extrême rigueur : on voit des couvents et des églises obligés de payer chaque année le tiers de leurs revenus pour ce seul impôt. Celui-ci fut prélevé sans interruption jusqu'à la Réformation. Léon X, en 1513 et 1516, envoya ses collecteurs le toucher dans tout le nord de l'Europe, jusqu'en Islande et aux îles Faroër. Les contrées Scandinaves étaient mises à lourde contribution. Depuis la fin du xu" siècle, la Suède payait un fort tribut « pour sauver les âmes suédoises » ; chaque ménage avait son denier fixe a solder, en nature, quand l'argent faisait défaut ; les Islandais le payaient souvent au moyen du drap qu'ils tissaient. En 1396, le diocèse d'Upsal, seul, payait 307 marks. La Norwège était aussi assujettie au Denier de Saint- Pierre depuis le milieu du xue siècle. Le Danemark, depuis Alexandre II (1 06 1-73), était astreint à un cens régulier, qui frappait jusqu'aux plus indigents, non point, ainsi que le déclarait Honoré III (1207-27), comme un « don », mais comme un signe « que le Danemark appartenait spécialement à l'Église romaine ». En 1338, le roi Magnus de Suéde nomme le Danemark un « regnum Romanœ ecclesire censuale ».

Les ducs de Pologne envoyaient tous les trois ans un denier de 4.000 marks, ou 16.000 florins d'or a Saint-Pierre. Une partie de la Russie, la Hongrie, l'Istrie, la Dalmatie contribuaient aussi, par chaque feu ou ménage, au tribut imposé à toute la chrétienté d'Occident. En Espagne, toute contrée arrachée aux mains des Maures devenait aussitôt tributaire du denier de Saint-Pierre. (Regnum Hispanirc proprium est S. Rom., ecclesia*, dit le Cod. Gorsinian., v. p. 130, n. 441.) Il serait intéressant de connaître les sommes qu'au xvi* siècle, le Saint-Siège a retiré de l'Amérique espagnole et des colonies portugaises; malheureusement, l'ouvrage

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