PREFACE DE JANIS XV
versel, régi par un monarque spirituel,^ et, s'il est possible, en ■même temps temporel — empire de contrainte et d'oppression, dans lequel le pouvoir séculier prête son bras aux dépositaires de la puissance religieuse pour réprimer et étouffer tout mouvement désapprouvé par elle.
Bref, nous rejetons cette doctrine et cette forme de l'Église, que les écrits des Jésuites romains prônent depuis des aimées, comme la seule qui soit légitime, comme l'unique et dernière ancre de salut capable de retenir l'humanité sur le bord de l'abîme.
Qu'on nous permette, afin de mieux préciser notre point de vue, de laisser ici la parole à un homme qui, aussi longtemps qu'il a vécu et exercé son action, a été considéré comme l'honneur et la gloire du. clergé allemand, le cardinal et prince-évêque Diepenbrock, celui-là même qui fut le disciple de l'inoubliable Sailer et en communauté d'idées avec lui.
Répondant aux projets de réforme de son ami Passavant, qui voulait en 1840 modifier laMérarchie, adoucir V antithèse trop accentuée entre clercs et laïques, accorder aux communautés une part dans l'administration de l'Église et transformer la curie romaine, Diepenbrock écrivait :
« Vos idées sur le développement et la vie nouvelle qu'il conviendrait d'apporter dans les institutions ecclésiastiques me paraissent aussi belles, claires, lumineuses, et découlant de la nature même des choses, que celles que vous avez précédemment émises sur le développement de la doctrine. Le salut pour les hommes ne peut venir que par une voie de ce genre : ce n'est que de la sorte qu'on élèvera et purifiera les conditions terrestres, et ce problème est un de ceux que doit résoudre le Christianisme. Ce sera seulement en revivifiant la doctrine et la constitution de l'Église que l'on pourra assigner un but à ces aspirations inquiètes, qui se manifestent de fous côtés dans notre étonnante époque, et calmer ai?isi ces fermentations et ces agitations.
« A la vérité, le parti ultra dans l'Eglise espère arriver au but par la voie opposée, et la violente réaction provoquée par les Prussiens contre leur propre intérêt, lui fournit un précieux secours. Mais un tel recul dans l'histoire est