‹ La papautiChapitre 5 sur 178 · XVI PREFACE DE JANUS · texte numérisé non relu

XVI PREFACE DE JANUS

une impossibilité. Le moyen âge est désormais derrière noies, et seule, une fata morgana peut le faire miroiter comme un nouvel avenir devant la fantasque imagination d'un *** et de ses semblables . Tout homme qui pense sans parti pris commence à entrevoir la nécessité d'urne transformation de VÉglise, mais bien peu ontx comme vous, aperçu nettement la façon dont cette réforme doit s'opérer. — Je considère comme une sorte de devoir d'amour envers V humanité de proclamer hautement et publiquement de pareilles idées (1). »

Il serait facile d'extraire vme série de passages analogues des écrits de Gugler, Gœrres, Eckstein, Franz Baader, Mœhler, pour ne parler que des défunts, et de montrer que les mieux doués et les plus illustres parmi les catholiques de langue allemande ont eu des vues toutes pareilles ou très rapprochées.

Diepenbrock n'a connu que les premiers pas incertains de cet ultramontanisme qu'il caractérisait. Ce qui, de son temps, ne se manifestait encore que comme une tendance isolée, et bien souvent obscure à ses propres adeptes, s'est depuis lors développé en un puissant parti ayant ion but précis. Ce parti possède, dans l'Ordre, aujourd'hui si largement ramifié des Jésuites, un ferme soutien, etx au moyen des prêtres formés au Collège du\ Gésù à Rome, dispose d'une troupe toujours plus nombreuse d'actifs collaborateurs.

Forcés de combattre ce parti qui poursuit ses plans, soit sans connaître l'histoire de l'Eglise, soit en la falsifiant sciemment, nous avons dû peindre le contraste que présente l'ancienne institution de l'Eglise, la Primauté, avec la forme qu'elle a prise plus tard, et, dans cette peinture, nous n'avons pu éviter de faire ressortir les ombres attristantes qui obscurcissent la Papauté. Celui qui considère les destinées de l'Eglise dans leivr intime connexion est conduit malgré lui à reconnaître que depuis le XIe siècle, on ne découvre plus dans l'histoire entière de l'Eglise aucune période où le regard investigateur du croyant puisse s'arrêter avec une satisfaction sans mélange. S'il cherche à remonter aux causes de la décadence de la vie

(1) Briel'e von J.-M. Sailer. RI. Diepenljroek und J.-K. Passavant. 1860. p. C7 et suiv.

Page 1