‹ La papautiChapitre 6 sur 178 · PRÉFACE DE JANUS XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE JANUS XVII

ecclésiastique , décadence trop évidente, et qui, à partir de cette époque, n'a fait que gagner sans relâche en profondeur et en surface, il sera toujours et fatalement ramené, comme came première de cette chute, à la destruction de l'ancienne institution de la Primauté et à sa déformation en Papauté. Car, s'il est constant que, sous un certain rapport, VÉglise a puisé une force dans cette dernière institution, par contre, il est indéniable, dès qu'on se place au point de vue de Vancienne Église depuis les apôtres jusqu'aux environs de Van 845, que la papauté, sous la forme quelle a prise, apparaît dans l'organisme de VÉglise, comme une excroissance maladive et difforme qui l'oppresse, arrête et décompose le meilleur de ses forces vitales, en engendrant à son tour de nombreuses infirmités.

Or, ce système papal, source des maux de l'Église, on va enfin, après de longs préparatifs, le parachever, en Ventou rant du rempart inexpugnable de V infaillibilité : il n'est donc que du strict devoir de tout ami de VÉglise, élément vital de la société, de chercher dans la mesure de ses connaissances et de ses forces, le moyen, s'il en existe, de détourner une catastrophe aussi fatale.

Nous ne nous dissimulons pas que plus d'une voix reprochera aux auteurs de ce livre de faire à la papauté une opposition de parti pris. Le nombre, en effet, est légion de ceux pour qui ce mot biblique n'a plus de sens : Meliora sunt vulnera diligentis, quam fraudulenta oscula odientis. {Prov. 27, 6.) Ceux-là se refuseront à comprendre qu'on puisse aimer et honorer une institution en même temps qui'on dévoile ses imperfections, qu'on dénonce ses vices et qu'on en signale, de propos délibéré^ l'action pernicieuse. Dans leur opinion, on devrait faire soigneusement le silence sur cet ordre de faits, ou, tout au moins, n'en faire mention que pour l'excuser. Il y a longtemps que l'on a inventé, pour ce déni de devoir, l'expression de « piété ». D'après cela, c'est donc piété, que d'accepter avec empressement fables et contre-vérités imaginées dans des vues étrangères à la religion, et dissimulées sous son manteau ; piété, que de nier absolument les maux et les abus de la vie ecclésiastique, les perversités de son admi-

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