EFFETS DE ^'INFAILLIBILITÉ SUR LES PAPES 20U
n'espérait que même le meilleur des cardinaux tînt réellement, comme pape, les bonnes et saintes résolutions qu'il nourrissait à son avènement » (652).
Le cardinal Sadolel, le confident de Clément VII, nous rapporte de ce pape qu'il avait toujours la Bible a la main et qu'il y puisait de bonnes, intentions. Son pontificat, cependant, n'a été qu'une série de bévues, de ruses et de détours, dans le seul but d'échapper au concile qu'il détestait et craignait. Sadolet est forcé d'avouer que Clément, « abusé par ses ministres », avait singulièrement dégénéré de ses mœurs d'autrefois et de la bonté de son naturel (65:r).
Paul IV (Caraffa) avant son élection était un chaud partisan de la réforme de l'Église; et, sous Clément VII, ne pouvant rien obtenir dans ce sens, il abandonna la cour pontificale. Le jour où il fut pape lui-même, son ancien zèle pour la réforme de l'Eglise disparut totalement. Il laissa l'Église dans un complet abandon, à une époque où presque chaque courrier apportait des nouvelles des progrès du protestantisme en Europe; il ne songea même pas à reprendre le synode interrompu depuis longtemps déjà. Ses occupations principales étaient l'agrandissement et l'enrichissement de ses neveux, l'Inquisition (son institution favorite) et sa lutte contre les deux seuls soutiens qu'eût alors le système papal, contre Charles-Quint et Philippe II : « car, c'est la mission de la papauté défouler aux pieds rois et empereurs » (634).
Onufrio Panvinio, en sa qualité de contemporain, dépeint sous les couleurs les plus vives la complète transformation qui s'opéra en Pie IV (Jean-Angelo de Médici de 1559-1565). Avant son éleva lion, il s'était montré humain, patient, bienfaisant, doux et désintéressé; comme pape il fut le parfait contraire, colère, avide, malveillant. C'est principalement après s'être débarrassé de ce concile de Trente détesté, qu'il s'abandonna à la plus vulgaire sensualité et débauche ; il but et mangea avec excès ; devint despote et dissimulé et quittait même le service divin pour se retirer dans la chapelle (635).
Il en fut de même plus tard avec Innocent X (Pamfili) ; auparavant, il passait pour un honnête homme irréprochable; mais comme pape, il offrit au monde le spectacle de la papauté tombée en quenouille; une femme ambitieuse et avide, sa belle-sœur, s'empara
du gouvernement et l'exploita à son profit. De même encore avec Alexandre VII (Flavio Chigi) (656) ; cardinal, il avait été un homme d'affaires, habile et plein de talents ; pape, il se laissa bientôt persuader par le flatteur et jésuite 01iva,que ce serait un péché moitel de ne pas attirer ses neveux à Rome pour les y enrichir et les élever aux grandeurs. Sa principale occupation fut de se délivrer de toutes les affaires et de mener une vie douce et tranquille. Nous nous taisons sur les papes des époques plus récentes.