‹ La papautiChapitre 8 sur 178 · PREFACE DE JANUS XIX · texte numérisé non relu

PREFACE DE JANUS XIX

d'une nécessité intime: mais, à partir du ''IXe siècle, la Primauté s'est transformée en Papauté, et cette grande métamorphose a été le produit, non dîme évolution normale, mais d'un développement artificiel et maladif : la conséquence en a été le déchirement de l'Église, unie jusqu'alors, en trois grands corps religieux divisés et ennemis. Lancienne Église avait éprouvé le besoin de posséder dans son sein un centre d'unité, d accorder à wn èvéque une situation prééminente, afin que les opprimés pussent s'adresser à lui et obtenir justice à Vaide de sa puissante intervention. Mais le jour où la prééminence dans V Église se changea en Imper ium, où, à la place du Premier Évêque, donnant l'exemple de la soumission aux lois de l'Église, délibérant en commun avec « ses frères » et prenant avec eux ses décisions sur les affaires ecclés-iastiques, vint régner la main de fer d'un monarque absolu, l'unité de l'Église, jadis si forte et si compacte, se brisa pour toujours. Et si. à ce sujet, nous voilions rechercher quels ont été les droits précis, fixes, universellement reconnus que V évêque de Rome, en qualité de détenteur de la Primauté, aurait uniformément exercés dans toute l'Église pendant les premiers siècles du Christianisme, ces prétendus droits semblent s'évanouir à la lumière de la critique historique : en effet, aucune des prérogatives acquises ou revendiquées plus tard par les papes, ne peut se suivre à la trace jusqu'aux premiers temps de l'Eglise et se montrer comme un droit exercé sans interruption et en tous lieux. Toutefois, en regard de ce qui précède, on ne saurait nier qu'il se rencontre des faits en assez grand nombre montrant que les évêques romains se croyaient non seulement en possession d'un droit supérieur et agissaient en conséquence, mais encore que ce droit était aussi effectivement reconnu par les intéres- ■ ses. Et, puisqu'il a été affirmé, à maintes reprises, même par le synode de Chalcédoine, que l'Église romaine tenait ses privilèges des Pères, nous aurons bien à en conclure que la Primauté ou prééminence sur les autres Églises repose, non pas sur une délégation faite à un moment donné par un synode, mais qu'elle a toujours existé depuis le temps des apôtres. On peut supposer, en effet, que si un pafien avait demandé : Quelle est parmi vos Églises, la première et la plus importante.

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