XX PREFACE DE JANUS
V Église dont la voix et le témoignage ont le plus de poids et de considération ? — chacun eût aussitôt répondu : c'est l'Eglise romaine, VÉglise où les deux principaux apôtres, Pierre et Paul, ont scellé de leur mort leur enseignement ; en un mot, la formule d'Irénée.
Malgré cela, il est impossible de ne pas constater que sans contredit, la forme qu'a prise cette Primauté a dépendu du consentement des diverses Églises particulier es, et que,par conséquent, elle n'a jamais eu, en aucun temps, le caractère d'une autorité agissant d'une manière uniforme, et dont les droits fussent sanctionnés par des règles légales. Personne, qui connaisse l'histoire, ne soutiendra sérieusement que les palpes aient jamais exercé d'une façon identique un droit de primauté précis en Afrique comme en Egypte, en Gaule comme en Mésopotamie. Et ce fait est déjà à lui seul d'une éloquence très significative, que dans le plies ancien droit de l'Église, dans les recueils de canons des Églises orientale et occidentale, il ne soif fait aucune mention des droits des papes, aucune allusion à une action juridique positive de l'évêque romain sur les autres Églises : — une seule exception est connue, celle du canon de Sardique, et ce canon n'a pas même réussi à se faire accepter partout en Occident (/).
Le synode de Chalcédoine, en 451 , offre précisément un précédent qui permet de bien observer la nature des rapports signalés plus haut. La situation du pape Léon à ce synode, quoiqu'il en fût absent, est manifestement très élevée et caractéristique : on lui accorde, à lui et à son Église, plus de considération que n'en reçut jamais à un synode un autre évêque. Il arriva cependant un moment où le concile., en conflit avec les légats et les instructions que leur avait données Léon, affirma sa volonté et la fit prévaloir après une longue résistance de la part de Rome.
On a essayé dans ce livre de donner^ pour la première fois, une histoire de l'hypothèse de l'infaillibilité papale, depuis ses premiers commencements jusqu'à la fin du XVIe siècle.
(Il Depuis le moment où Dœllinger écrivait ces lignes, l'inauthenticité des canons de Sardique a été démontrée : voir à Tappendice.