‹ La papautiChapitre 95 sur 178 · p. 17). — Mansi, IV, 1295 (actio III · texte numérisé non relu

p. 17). — Mansi, IV, 1295 (actio III

75. (p. 17). — Etenim antiquœ Romse throno, quod urbs Ma imperaret, jure patres privilégia tnuuerunt. Et eadem considcrationc moti CL Dei amantissimi episcopi sanctissimo novx Romae throno xqualia privilégia tribuerunt, recte judicantes, urbem qux et imperio et senatu honorata sit, et sequalibus cum antiquissima regina Roma privilegiis Jruatur, etiam in rébus ecclesiasticis, non secus, ac illam, extolli ac magnifieri, sccundam post illam existentem. Mansi, VII, 370.

76. (p. 17). — Le 6e canon de Nicée avait en effet accordé aux évêques d'Alexandrie et d'Antioche sur leur ressort patriarcal respectif, les mêmes droits que ceux que possédait le siège romain sur une partie de l'Eglise italienne. Teneat autem et /Egyptus, ut episcopus Alexandrie omnium habeat potestatem, quoniam et Rom. cpiscopo haec est consuetudo. Similiter autem et qui in Antiochia constitutus est et in céleris provinciis primatus habear^t ecclesiae civitatum ampliorum. Maassen, Gesch. d. Quellen, § 8 sqq. — C'est ce 6e canon dont Rome avait falsifié le texte à son profit : v. note 84.

77 (p. 18). — Cum igitur sedis ap: primatum S. Pétri meritum, qui princeps est episcopalis coronœ, et Romanas dignitas civitatis. sacrse etiam synodi firmarit auctoritas... ep. 11, p. 637 (v. les autres passages plus haut, n. 67). Il ne faudrait pas tirer de cette Novelle des conséquences exagérées. Le « S. Pétri meritum » faisait de Rome un siège apostolique comme Antioche : rien de plus ; et primatus, puisque la Novelle n'était destinée qu'à l'Occident, ne signifie que la primauté en Occident, comme celle dont Antioche et Alexandrie jouissaient en Orient.

78. (p. 18). — Lib. V, episrt. 18 ad Johannem ; Jaffé, 1357 : le concile de Chalcédoine avait offert à l'évêque de Rome le titre d' « universalis ». Sed tamen nullus unquam tali vocabulo appellari voluit, nullus sibi hoc tcmerarium nomen arripuit :... Lib. VIII, ep. 30 ad Eulogium, .1. 1518 : il se défend superbse appellationis verbum, universalem me papam dicentes... si enim universalem me papam vestra sanctitas dicit, negat se hoc esse quod me fatetur universum... Lib. V, ep. 28 ad Maurit, imper., J., 1360 : vir sanctissimus consacerdos meus Joannes vocari univcrsalis episcopus conatur... qui est iste, qui contra statuta evangelica, contra canonum décréta, novum sibi usurpare nomen prxsumit ?... Si igitur illud nomen in ea ecclesia sibi quisquam arripuit... universa ergo ecclesia, quod absit, a statu suo corruit, quando is qui

appellatur universalis, cadit. (Grégoire ignore donc la théorie de l'evêque universel romain qui ne peut faillir.) Sed absit a cordibus Christianorum nomen istud blasphenvix, in quo omnium sacerdotum honor adimitur, dum ab uno sibi dementer arrogatur... Lib. VII, ep. 27 ad Anastas., J., 1470 :...Sed absit hœc stultitia, absit haec levitas ab auribus meis... Lorsque le 18 juillet 1870 le concile du Vatican, c. 3, définit : Docemus... hanc Rom. Pontificis jurisdictionis potestatem, quœ vere episcopalis est, immediatam esse, il a été nécessaire d'abord de falsifier le c. 4 (de ordine, sess. 23) du concile de Trente, et de mettre de côté Grégoire le Grand. C'est ce que l'on a fait.

79. (p. 19). — A l'origine, l'Eglise arménienne fut sous la dépendance du siège de Césarée (en Cappadoce) et Césarée ne fut jamais sous celle de Rome. Le concile de Nicée (c. 6) attribua à Césarée. comme centre de l'Éparchie du Pont, une situation de rang égal à celui de Rome, d'Alexandrie et d'Antioche, que le II" synode général de 381 (c. 2) confirma de nouveau. En 366, lors du synode de Walarschapat, l'Église arménienne rompit les faibles liens qui la rattachaient à Césarée (pour la consécration des évêques), et fonda une Eparchie (Patriarcat) indépendante. On ne peut à cette époque parler historiquement que d'une communauté ecclésiastique des différentes Églises entre elles. Pas plus que l'Église persane, celle d'Arménie n'entra en contact avec Rome.

80. (p. 19). — [La première Église chrétienne de l'ancienne Bretagne avait été détruite en 449 par l'invasion des Anglais sous Hengest. Vers l'an 600. le pape Grégoire le Grand envoya dans l'île le missionnaire Augustin, qui réussit à rétablir la religion chrétienne à Canterbury et dans le sud de l'Angleterre. Cependant. dans le cours du vu" siècle, le christianisme, sous l'effet d'une réaction du paganisme, disparut de la plus grande partie de la Bretagne et ne subsista plus qu'en Irlande, où n'avaient pas pénétré les invasions anglaises. Des missionnaires irlandais entreprirent alors à nouveau l'évangélisation de l'Angleterre et l'arrachèrent partiellement aux cultes de Woden et de Thunder. Pénétrant surtout par le nord et s'appuyant sur le monastère d'Iona, fondé par Columba, ils parvinrent peu à peu à ranimer le christianisme en Angleterre : ce ne fut, toutefois, qu'après l'an 1000. sous les règnes de Suénon et de Canut, que l'on put considérer l'île comme décidément conquise à la foi chrétienne. L'Église romaine profitant de leurs succès et s'insinuant à leur suite dans le pays, arriva à capter Oswi, roi de Northumbrie. et à susciter des conflits avec l'Église irlandaise. Elle provoqua en 664 la réunion d'un synode à Whitby. où Oswi fit triompher la suprématie de l'Église de Rome. A partir de ce moment, les liens qui existaient entre l'Angleterre et l'Église irlandaise se brisèrent : la communion latine prévalut, et bientôt l'organisation épiscopale romaine remplaça l'ancienne organisation du catholicisme celtique, dans lequel le gouvernement ecclésiastique, reposait sur le système des clans.

Quant à l'Eglise irlandaise, loin d'avoir été subordonnée à celle de Rome, elle lui d:sputa pendant tout le vu" siècle la direction spirituelle de la chrétienté. « On se demanda pendant quelque temps, dit

Green, dans son Hist. du peuple anglais, I, 22, 24 éd. fr., si le cours du monde n'allait pas changer. Il semblait que la vieille race celtique, exterminée jadis par les Romains et les Germains, reparaissait pour faire la conquête de ses vainqueurs, et que le christianisme celtique allait régler les destinées des Églises d'Occident. » Au xir siècle, l'Irlande, malgré le synode de Drogheda en 1152, où elle accepta la discipline de Rome, était si bien encore hors de la domination italienne, qu'Adrien IV publia une bulle autorisant Henri II à entreprendre la conquête de l'île pour la ramener à la religion, c'est-à-dire la soumettre au pape. Il faut arriver à la grande commotion religieuse du xvi" siècle pour apercevoir une action efficace de Rome dans les affaires de l'Église d'Irlande ; et, même sous Marie Tudor. en pleine réaction papiste, Marie exerçait la suprématie sur l'Église irlandaise, déposant et nommant les évêques ,et ne permettant pas plus que son père, l'intervention du Saint-Siège dans ses actes ecclésiastiques. G-T.]

81. (p. 19). — Au surplus, il y avait encore aux vf et vu* siècledans le patriarcat des papes des Églises autonomes, sur lesquelles l'influence de Rome se bornai/t à des « conseils » : telle, l'Église franque sous les Mérovingiens ; l'Église espagnole sous les Wisigoths, dans lesquelles le pape, tout ean étant honoré comme le premier évêque de la chrétienté, n'avait aucun droit législatif, ni aucune prérogative «le juridiction supérieure. Lôning. Gesch. d. K. R., II, 62, sqq. De même, lorsque, après la chute du royaume des Vandales, l'Église africaine se reconstitua sur l'ancienne base de son autonomie, elle toléra seulement les conseils et les avis des évêques romains, ainsi que l'appel à Rome, lorsqu'une culpa était en jeu (voir clans Mansi. VIII, 808 la lettre du synode général africain, qni poussé par l'amour — caritas — demande au pape Jean II son avis — consilium — sur les règles que fait revivre l'Église d'Afrique, quitte à approuver ou non sa réponse : Potest enim sedes, ap... quantum speramus, taie nobis interrogantibus dare responsum, quale nos approbare concorditer c.rplorata v entas faciat... libéra caritas universx fraternitatis requirendum putavit consilium tuum. — Comp. la lettre de Victor de Carthage mentionnée plus haut au pape Théodore. Les évêques alors, de même que jadis les apôtres, étaient égaux entre eux).

82. (p. 20). — Elles commencèrent même avant la fin du V siècle avec le pseudo-Clément qu'on invoque au synode de Vaison en 442 (c. 6) et qui prête son appui à la théorie d'après laquelle l'évèque de Rome était le locum tenens Pétri, le fundamentum ecclcsix. Le pseudo- Clément s'est transformé dans les collections canoniques en document authentique (coll. de Quesnel, du Vatican, de Colbert et du Cod. lai. monac, 14008) Maassen. I, 400 § 536. — V. Friedrich, zur âltesten Gesch. des Primates, 180 sqq, 192.197. — Sur l'influence de Rufln sur les additions aux canons, v. Lôning I, 449 sqq.

83. (p. 20). — V. Append.sur les canons de Sardique. — Sur ce sujet, v. Maassen, Gesch. der Quellen, I, 52 et suiv. — Léon I" cependant est inexcusable d'avoir maintenu l'ancienne désignation après la découverte de la fraude par les évêques d'Afrique : ep. 44, Migne, 54, 831.

84. (p. 20). — Mansi VII, 443 ; Maassen, Quellen, p. 20. Trecentorum decem et octo sanctorum patrum canon sextus. Quod ecclesia Rom. semper habuit primatum. Teneat autem et Egyptus... [v. la suite du canon, note 7G. Les six mots en caractères romains ont été ajoutés et constituent la falsification].

85. (p. 20). — Il en existe deux versions : voir sur elles Friedrich die Constantin. Schenkung, p. 79 sqq ; Duchesne. lib. pontif. I, p.CXIII sqq ; Dœllinger, Papstfabeln. 2' éd., p. 61 sqq. Dans la vita Silv., dans Surius Dez. 31, p. 368 sqq. Silvestre n'est qu'évêque de Rome ; et jamais, lorsqu'on y parle de Pierre, il n'est question d'une primauté de l'apôtre, ou d'une primauté qu'il aurait transmise aux papes. Tout autre est la vita S. dans Mombritius, p. 282 sqq. Celle-ci n'est écrite que pour exalter la puissance papale : les collections de canons au moyen âge, la dogmatique elle-même, lui ont emprunté toute une série de propositions.

85 bis. (p. 21). — Pour le Constitutum Silvestri. voy. Append. ad Epp. Pontiff. Rom. éd. Coustant, p. 38 et suiv. ; — et sur la tradition manuscrite de ces fables, v. Maassen, I, 411 et suiv. — Ces inventions troublaient à tel point la vérité historique, que des savants, comme Alcuin. ne parvenaient déjà plus à distinguer le réel état des choses . dans une lettre à l'archev. de Salzburg en 799. Alcuin cite vraiment le Constitutum de Silvestre et le synode de Sinuessa. comme des « canones ». Jaffé. Alcuin. p. 489.

86. p. 22). — Mansi. VIII, 51 ; Thiel. p. 935. — La dernière phrase sur l'origine de la primauté, est empruntée au décret apocryphe de Gélase I" de recip. libris, que Dœllinger en 1869 tenait encore pour authentique.

87. (p. 22) — Parce qu'il aurait dit que Jérusalem était le premier siège, et lui, le pontife suprême et évêque : Id per imprudentiam senectutis dicebat, quod Jérusalem prima sedes esset, et ore superbo quasi de superiore afflrmabat, se pontificem esse et summum sacerdotem.

83. (p. 22). — Les morceaux mentionnés ont été publiés par Coustant et par Amorti. Elementa jur. can. I. 378-402 ; 428 du Cod. lat. Monac, 5508 ; Maassen. I, 624 sqq. Cependant. Dœllinger s'est laissé induire en erreur par l'épigraphe d'Amort, p. 428 (« Incipiunt canones concilii Romani sub Sylvestro papa... etc. ») en parlant d'un synode tenu par Sylvestre. Ces canons sont la « Grande Préface » au concile de Nicée. qui s'est transformée partiellement dans la Décrétale apocryphe de Gélase I". Cette préface a été composée à la fin du V siècle.

89. (p. 22). — Ainsi que le fait remarquer Dionysius Exiguus dansla préface de la 2° édition de la collection qu'il a formée sur l'ordre du pape Hormisdas. Cette préface se trouve dans Andres, Letteia a G. Morelli, Parma, 1802, p. 66 ; Maassen, I, 964 et suiv. On y volt que la dispute sur les canons de Nicée n'est point encore apaisée et qu'un parti voulait remplacer ces lois de l'Eglise (vraisemblablement le 6e canon) par d'autres. Ceci vise les décrets de Sylvestre mentionnés plus haut et de son synode (c'est-à-dire de la grande préface).

90. (p. 23). — Cyprian., de carth. eccl. unit. c. 4, Hartel, p. 212. — Après la citation de Matth. 16, 18, 19, Cyprien poursuit ainsi : Super unum sedificat ecclesiam, et quamvis apostolis omnibus post resurrectionern suam parera potestatem tribuut et dicat : « Sicut misit me pater... » tamen ut unitatem manifestaret, unitatis ejusdem originem ab uno incipientem sua auctoritate disposuit : hoc erant utique et céleri apostoli quod fuit Petrus pari consortio prxditi et honoris et potestatis, sed exordium ab uno proflciscitur, ut ecclesia Christi una monstretur. — Voici le texte falsifié de Pelage II (Mansi, IX, 898) : « Exordium ab unitate proflciscitur, et piimatus Petro datur, ut una ecclesia et cathedra monstretur ; et pastores sunt omnes, sed grex unus ostenditur, qui ab apostolis unanimi consensione pascatur. Et post pauca : Hanc ecclesise unitatem qui non tenet, tenere se fidem crédit ? Qui cathedram Pétri, super quam ecclesia fundata est, deserit et resistit, in ecclesia se esse confidit ? » tandis que Cyprien avait écrit : « hanc ecclesise unitatem qui non tenet tenere se fidem crédit ? qui ecclesise renititur et resistit in ecclesia se esse confidit ? » Cf. les notes de Rigault, Baluze et Krabinger dans leurs édMons de Cyprien ; de même, Hartel, Opp. Cypr. preef., p. XLII sqq.

91. (p. 23). — Il me semble plus probable que la chose s'est passée de la façon suivante : après que Cyprien eût été reçu in auctoritatem par le concile d'Éphèse et admis dans la liste des Pères de même caractère, telle qu'elle a passé dans le décret (inauthentique) de Gélase I". il n'y avait qu'un pas à faire pour interpoler son texte. Car il semble bien vraiment avoir été tenu à Rome pour apocryphe, ainsi qu'on le voit encore dans la prétendue décrétale de Gélase. Lorsque l'interpellation eût été faite ,on aura vraisemblablement ajouté à son sujet dans ce faux décret de Gélase, les mots : in omnibus recipienda, que l'on ne trouve point auprès des autres Pères de cette catégorie. Friedrich, Ueber die Unàchtheit der Decretale.... Gelasius I, p. 77 sqq.

92. (p. 23). — Lorsque en 1563, les œuvres de Cyprien furent édirtées à Rome par Manutius, on dut, sur l'ordre des censeurs romains, conserver les passages interpolés, quoiqu'ils fissent défaut dans les manuscrits, ainsi que s'en plaint l'éditeur Latino Latini dans ses Lettres (Viterbii, 1667, II, 109). Il en advint de même dans l'édition de Paris par Baluze sur l'ordre du ministre cardinal Fleury. Chiniac, dans son Hist. des Capitulaires, Paris, 1772, p. 226, nous donne des détails sur ce point .Le ministre institua uine commission spéciale de théologiens, pour décider s'il fallait rétablir les interpolations que Baluze avait écartées : mais, Fleury était cardinal, ert « à moins que de vouloir se

faire une querelle d'état avec Rome impérieuse, il fallait que le passage fut restitué, parce que en le laissant supprimé en vertu d'une décision ministérielle, il aurait semblé qu'on voulait porter atteinte à la primauté romaine. Le passage fut restitué par le moyen d'un carton. » — Il va sans dire que dans toute édition critique de Cyprien ces interpolations sont élaguées. V.Reusch, Index, I, 559; 11,151 sqq. 687. — Dollinger croyait que l'interpolation n'avait point pénétré dans les manuscrits. Mais Hartel, prœfat. p., XLII sqq. a prouvé qu'en réalité les Codd. MQ (Monac, 208, sœc. IX et Pithœanus sœc, VIIII cf. p. XXXIV sq. X) contiennent celte interpolation et indiquent que c'est à Rome qu'a eu lieu l'interpolation. J'ajoute que Deusdedit, lib. 1, c. 316-217, p. 147 sqq. Cypr. de unit. c. 4 sqq, copie presque mot à mot l'interpolation du MQ chez Hartel, et qu'ainsi il existait réellement à Rome un manuscrit interpolé de l'écrit de Cyprien de unitate. Gratien cependant, oaus. 24, qu. 1, c. 18, cite encore le passage de Cyprien sans l'interpolation.

93. (p. 23). — L'interpolation de Cyprien c. 4 de unit, a été jusqu'à nos jours une précieuse autorité dogmatique. Pour ne mentionner que les modernes, Pie IX cite l'interpolation dans l'Encyclique du 17 mars 1856, et. comme document, dans le Schéma de Eccl. c. 7 (Friedrich, Docum. II, 122) : elle a été conservée dans l'édition de Cyprien de unit, par le jésuite Hurter (SS. Patrum opusc. sel, 1) ; dans la Revue cath. de Louvain, 27, 115 ; dans les écrits sur le concile de Bouix. Tract, de Papa, I, 24 ; de Roscovany, Rom. Pontifex, 1, 45 ; de Cardoni, Elucubratio (consultation sur l'Infaill.), p. 29 ; dans la quœstio de Ketteler (Fried. Docum. I. 12).

94 (p. 23). — Le Liber Pontiflcalis, ou le livre faussement nommé Anastasius, cité habituellement dans le moyen âge comme l'œuvre du pape Damase.

95. (p. 23). — Dans son Antiquitas Eccl., Romse, 1693, I, 402-495, il a juxtaposé en deux colonnes, en regard l'un de l'autre, le petit texte de 530 et celui qui fut augmenté dans la suite.

96. (p. 24). — Voy. la scrupuleuse analyse de l'ouvrage entier par Piper, Einleitung in die monumentale Théologie, Gotha, 1867, p. 315- 349. Aujourd'hui on est parvenu, en particulier par les recherches de l'abbé Duchesne, Lib. pontif.. t. I. Introduction, à d'autres résultats, que Dollinger a également acceptés. Duchesne admet : deux abrégés F (elicianus) et K (ononianus) qui dérivent tous deux, et indépendamment! l'un de l'autre, de la rédaction primitive du Liber pontiflcalis arrêté à Félix IV (530), 1, 47.

97. (p. 24). — La phrase : « fecit Constitutum de omnl ecclesia » se répète presque à chaque page ; mais on n'indique jamais en quoi a consisté cette ordonnance, tandis que les prétendues dispositions sur la liturgie expriment toujours l'objet avec précision. Longtemps

avant Isidore Mercator, on connaissait à Rome l'art d'en user sans façon avec les sources : voyez à ce sujet le soi-disant Elogium Liberii papœ, par Friedrich, Sitzungsb. de Munich ,1891, p. 103.

98. (p. 24). — Tillemont, et plus encore Coustant, ont soumis les données du Livre des papes à une critique approfondie : ils en ont démontré les grossiers anachronismes de manière à ne laisser aucun doute sur le caractère fabuleux des notices. L'ensemble, au surplus, produit en effet l'impression d'une tromperie intentionnelle. On voit clairement que les auteurs n'ont eu sous les yeux ni documents ni matériaux historiques. La première discussion du catalogue de Liberiius allait presque jusqu'à Damase et doit avoir été com osée dans les premières années du vf siècle. On inventa en son honneur les deux lettres de Damase et de saint Jérôme, d'après lesquelles Damase, à la prière du second, rassemblait ce qui se trouvait dans les biographies des papes et l'envoyait à Jérôme. Environ vingt ans plus (tard, vers 536, on y ajouta dans une seconde édition, la série des papes de Damase à Félix IV. Cette dernière partie à la vérité est historique depuis 440 ; mais, en revanche, fortement colorée dans le sens des intérêts romains et enrichie d'ailleurs d'inventions calculées. — Voy. aussi Duchesne, Langen, Gesch. d. rôm. Kirche unter den einzelnen Pàpsten.

90. (p. 25). — Il ne faut point comprendre parmi ces provinces occidentales, la Gaule, l'Espagne ,etc. mais bien seulement la partie nord de la péninsule, qui n'appartient pas à l'Italie romaine proprement dite, c'est-à-dire : la Lombardie, la Vénétie, Tlstrie.

ÎOO. (p. 25). — Il ne peut subsister aucun doute sérieux sur l'origine romaine de la « Donatio ». Le Jésuite Cantel Fa très justement compris dans son Historia Metropolitanarum urbium, p. 196. Il suppose que l'auteur doit en avoir été un sous-diacre romain Jean. On devait faire usage du document dans trois buts différents : contre les Lombards qui menaçaient Rome ; contre les Grecs qui se refusaient a reconnaître aucun imperium du siège romain sur leur Eglise ; et à l'endroit des Franks. On ne peut pas discuter sérieusement la tentative des Jésuites de la Civiltà pour faire de l'auteur un Frank, uniquement parce quie ^neas de Paris et Ado de Vienne font mention de la Donation au ix° siècle : elle se condamne d'elle-même. Le plus complet accord de pensées et de style règne entre la Donatio et les documents romains à cette époque, notamment avec le Constitutum Pauli I (dans Harduin, Concil.. III, 1999 sqq.) et YEpistola S. Pétri, inventée en même temps que la Donatio en 753 ou 754. L'expression « Concinnatio luminarum » trahit déjà la main de Rome : elle ne se présente que dans les lettres des papes de ce temps, dans le Constitutum Pauli et la Donatio : nulle part ailleurs. Il en est de même de la formule d'anathème et de menace des châtiments de l'enfer, qui sont exactement comme dans le Constitutum et YEpistola S. Pétri. Les Satrapx, qui étaient absolument étrangères à tout l'Occident, ne se présentent que dans la Donatio et dans les lettres des papes de cette époque (dans Cenni, Monumenta dominât, pontif., I .154 ; Jaffé, Carol., ep. 17, p. 79) et trahissent également leur origine.

101. (p. 26). — L'expression du Livre des papes est : Exarchatum Ravennx et reipublicœ jura seu loca reddere. V. L Cointe, Annales eccles. Franc, V 424. De même, on nt dans la lettre du pape Etienne : per Donationis paginant. .. civitates et loca... restituenda confirmastis. Expressions qui se renouvellent fréquemment lorsqu'il est question de l'Exarchat et de la Pentapole.

102. (p. 26). — Ceci était en effet toujours indiqué dans les prières et les supplications des papes comme le principal motif de la donation des pays qu'ils convoitaient.

103. (p. 26). —Cf. les Bénédictins dans leur Histoire littéraire de la France, IV, 3.

104. (p. 27). — Elle a même été insérée dans la collection officielle du Codex Carolinus. On la trouve dans Genni, 1. c, I, 150 ; et dans Jaffé, Monum. Carolina, ep. 10, p. 55 sqq. : ...Ego apostolus Bel Petrus, qui vos adoplivos habeo filios, ad defendendum de manibus adversariorum hanc Romanam civitatem et populum rnihi a Deo commissum seu et domum, ubi secundum carnem requiesco, de contaminacione gencium eruendam verum tamen omnium dileccionem provocans adortor ; et liberandam ecclesiam Dei... omnino preetestans admoneo ; pro eo, quod maximas afflîcciones et oppressiones a pessima gente Langobardorum paciuntur. Nequaquam aliter teneatis, amantissimi, sed pro certo confidite : per memet ipsum tanquam in carne

coram vobis vivus adsistens, per hanc adortacionem validis constringimus atque obligamus adiuracionibus... ita firmiter crédite vobis adhortacionis alloqui verba... Prestate ergo popndo meo Romano mihi a Deo commisso in hac vita, fratribus vestris, Domino coopérante, prxsidia totis vestris viribus... Currite, currite et subvenite, antequam tons vivus, unde saciati et renati eslis, arescat... Coniuro vos, coniuw... minime permittatis hanc civitatem meam Romanam... amplius a gente Langobardorum laniari : sic non lanientur et crucientur corpora et anime vestrœ in geterno atque inextinguibili Tartareo igné cum diabolo et eius pestiferis angelis... Si obedierilis velociter, erit vobis pertingens ad magnam mercedem... et in prœsenti vita omnes vestros inimicos superantes et longxvi persistentes bona terre comedetis et eteniam procul dubio fruemini vitam. Sin autem, quod non credimus, et aliquam posueritis moram... sciatis : nos... vos alienare pro transgressione noslrx adhortacionis a regno Dei et vita eterna. — Il est intéressant de constater dans certte cpître, que soudainement la ville de Rome devient le fondement de la foi : ne patiamini perire hanc civitatem Romanam, in qua corpus meum constituit Dominus, quam et mihi commendavit et fundamentum fldei constituit. Jaffé. p. 58 sq. Ne croirait-on pas être déjà en présence des hommes de notre époque ? On a voulu voir dans ce document une simple fiction de rhétorique romaine, engendrée par les dangers du moment : en ce cas, faudrait-il également considérer comme de simples explosions de rhétorique, les autres fictions signalées par Dcellinger ?

105. (p. 27). — C'est ce qui résulte des dénombrements du Livre des Papes et de la notice de Léon d'Ostie. V. Le Cointe, V, 484 et Mock : de donatione a Carolo M. oblata, p. 8 sq. — Je fais des réserves sur ce qui concerne les donations des Carolingiens aux papes, attendu que la critique sur ce point n'est pas encore parvenue à une conclusion définitive. Je signale à cet égard les travaux de Ficker, Martens, Scheffer-Boichorst, Sickel, Lamprecht et autres, et même ceux de Dœllinger, die Shenkungsurkunden der Kaiser Ludwig des Frommen, der Ottonen und Heinrich II fur den rôm. Stuhl (Àkad. Vortràge, III, 174-193) où l'éditeur, Dr Lossen, a tenu compte de la littérature récente.

106. (p. 27). — [A la condition, toutefois, que ce roi ne fût pas assez puissant pour réunir toute l'Italie sous sa domination. La politique des papes dans la péninsule a toujours eu pour but d'empêcher l'Italie de devenir une nation : ils ont suivi cette politique depuis la chute de l'Empire jusqu'à nos jours. Quand le royaume des Goths succède à celui des Hérules, les papes le favorisent aussi longtemps qu'il ne leur porte aucun ombrage ; mais aussitôt qu'il devient trop fort, ils appellent à leur secours ces empereurs d'Orient qu'ils ont contribué à expulser ; puis, de même, ils appellent les Francs contre les Lombards, comme ils ont toujours appelé l'étranger dès qu'ils ont vu apparaître en Italie un centre d'unité, un pouvoir national. V. sur ce sujet, Lanfrey, Hist. polit, des papes, Paris, 1880. — G-T.]

Page 1