‹ La papautiChapitre 99 sur 178 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

132. (p. 37). — Bonizo, Décret., lib. IV, 111, itit. 21, Mai, Nov., Bibl. VII, 3, 47 : quod sgnodus non possit sine auctoritate rom. sedis celebrari. — Dieudonné également démontre cette thèse dans plusieurs chapitres de son livre I. — Si donc, aucun synode ne peut être tenu sans l'autorisation de Rome, il faut que disparaissent les synodes habituels tenus jusqu'alors sans la participation de Rome. Cf. plus loin, notes 176-179 sur le même sujet'. En fait, quoique les synodes de Grégoire VII n'aient pas été des synodes généraux, ils ont passé pour impératifs, en tous pays, et infligent, à ceux qui ne les respectent pas, les peines ecclésiastiques, Hinschius, III, 2, 519 et suiv.

133. (p. 37). — On connaît le contenu de la collection d'Anselme par l'indication des chapitres dans le Spicilegium Rom. éd. Maio, VI ; par l'Epitome juris pontiflcii d'Antonius Augustinus, Paris, 1641 et par l„s citations des Pithou dans Gratien, éd. Paris, 1686, fol.

134. (p. 37). — Deusdedit, Coll. canon, éd. P. Martinucci, 1869. — On y retrouve, lib. 1, les propositions des Dictaitus de Grégoire VII.

135. (p. 37). — Dans la Nova Patrum Bibliotheca, éd. Maio, VII, 3,48.

136. (p. 37). — On ne peut placer, sans réserves, Yvon de Chartres, contemporain du cardinal Grégoire, dans les rangs des canonistes grégoriens : quoiqu'il se soit souvent laissé dominer dans ses collée tions par Pseudo-Isidore et en partie par Anselme, il s'en est cependant tenu encore, sur quelques articles importants, au vieux droit de l'Église.

137. (p. 37). — Elle se trouve dans les Memorie del Card. Passionei, Roma, 1762, p. 30 ; et maintenant également dans Martinucci, p. 1-5.

138. (p. 38). — Martinucci, p. 3 : Porro si qua hic inserta, quod etiam in evangelistis sepe contingit, sibi invicem contraria videbitur, discretione adibita facile patebit, quod neque sibi nec extra positis scripturis adversentur. Quod si patenter adversari contingent, inferior auctoritas potiori cedere debebit. — Dieudonné considère les lettres du Pseudo-Clément à Jacques, comme une source particulièrement précieuse pour l'autorité papale, et, ces lettres paraissant déjà suspectes de son temps, il en défend l'authenticité, en invoguant le témoignage d'écrits pontificaux, empruntés naturellement au Pseudo-Isidore : Epistolas autem démentis ad Jacobum contra quas quidam garrire videntur, autenticas ostendunt... Anacletus et Alexander et quidam alii pontifices... Prolog., p. 4.

139. (p. 39). — Jaffé, Gregoriana, p. 601 sq. — Introd. à Bonirtho Ad amicum. Bonitho, p. 614 : quo (Carolo) mortuo, Ludoicus ci successit, ejus filius, vir mitissimus, qui primus omnium Francorum regum imperiali sublimatus est dignitate, p. 630 : ...sic enim legitur : Karolus rex Francorum et Longobardorum et patritius Rom. Nunquam enim eum imperiali legimus auctum fuisse potestate. Set post ejus obitum Ludowicus ejus filius primus omnium regum, a Rom. sanguine extraneorum, imperialen meruit benedictionem...

140. (p. 39). — Jaffé, Registr. VIII, 21, p. 458 : Nam, si spéciale aliquod de personis principum requiratur exemplum, b. Innocentius p. Archadium imp., quia consensit, ut b. Johannes Chrisostomus a sede sua pelleretur, excommunie avit. — De même Bonitho Ad. amie, p. 668. etc.. Deusdedit, coll. can. lib. 4. c. 106, 134, p. 422, 465. — Anselm. Luc. lib. 12, c. 37 dans Mai, Spicil, VI, 390 ; Bernoldus, Apologeticae rationes, Migne, 148, 1222. — La source est Pseudo-Innocentius I, Coust. App., p. 105 sqq. ; J. f 290 f 291.

141. (p. 39). — Registr. VII, 21, p. 458. — Bonitho, Ad Amie, Jaffé, Gregor, p. 669 a la version : Stephanus vero papa Karolum Pippini régis fratrem a regno deposuit, et Pippinum in loco ejus constituit. — Très certainement, les Grégoriens en confectionnant ces fables, n'avaient point d'Annales franques sous les yeux.

142. (p. 39). — Ces faux privilèges de l'auberge du couvent d'Autun, qu'invoquait Grégoire VII pour justifier la déposition d'Henri IV, étaient attribués à Grégoire le Grand : ils stipulaient que quiconque, roi, prêtre, juge etc.. tenterait de les violer serait dépouillé de son pouvoir et de sa dignité. Registr. VII, 21, p. 455 : Beatus quoque Gregorius papa reges a sua dignitate cadere statuit, qui ap. sedis décréta violare prsesumpserint, scribens ad quendam senatorem abbatem his verbis : Si quis vero regum, sacerdotum iudicum atque sxcularium personarum..., etc. ; id. dans Bonitho, Ad amie. lib. 7, p. 669 ; Deusdedit. coll. can. lib. 4, c. 59, p. 381 ; Bernoldus, Apol. c. schismaticos ; et, de solutione juramentor. ; Migne, 148, 1223, 1253. — Launoi, opp. V, p. Il, 445 a disséqué ce document, peu auparavant fabriqué à Autun, et dont le grossier anachronisme saute aux yeux. V. sur son inau-

thenticité Sickel in Wiener Sitzgsber. Bd. 47, 566 ; Lôning, Gesch. d. KR. II, 392 sqq qui suppose que le faussaire est Hincmar de Reims ; Hinschius, III, 2, 2 ne se prononce que sur l'interpolation.

143. (d. 39). — Il s'appuie sur lui dans les Dictatus, dans le serment que prêta Rudolf de Souabe et que devait jurer le nouveau roi allemand. Registr. VIII, 26, p. 476.

144. (p. 39). — Léo IX ad Micheel. Constantinop., Mansi, XIX, 663 ; Will, Acta et Scripta, p. 89 ; J. 4332. — Petrus Damiani, Disceptatio inter advoc. régis... Hardouin, VI, 1122 ; Mansi, XIX, 1004 ; Anselm. Luc, coll. can. lib. 4, 33 dans Mai Spicil. Rom. VI, 339. — Deusdedit, coll. can .lib. 4, c. 1, p. 343 sqq.

145. (p. 40). — Registr. II, 55 a, p. 174. Ces Dictatus, malgré ce qu'on a pu en dire [par ex. : Bost, diction. d'Hisiti. Eccles., Paris et Genève, 1884], sont bien l'œuvre propre de Grégoire et la partie essentielle authentique de son «.• Registrum » rédigé par lui-même : voir là-dessus, Giesebrecbt : Die Gesetzgebùng der rômischen Kirche, Mûnchner historisches Jahrbuch, 1866, p. 149. — Les Correct. Rom., au décret de Gratien Dist. 17, c. 4 en ont reconnu expressément l'authenticité, seulement, d'après eux. les Dictatus devraient être attribués a Grégoire le Grand : Atque in summariis capitum dictatus ipsius papx, qui habetur lib. 2 Reg. Gregorii VII, inter caetera hoc est, quod nulla synodus absque praecepto summi pontiflcis débet generalis vocari.

146. (p. 40). — Registr. VIII, 21, p. 457 : « Supra dicto quoque Anastasio imper atori prxlibatus p. Gelasius persuadens, ne ille intimatam suis sensibus veritatem arbitrât etur injuriant, subintulit dicens : « Duo sunt quipipe, imp. aug., quïbus principaliter mundus hic regitur, auctoritas sacrata pontificum et regalis potestas ; in quibus tanto gravius pondus est sacerdotum, quanto etiam pro ipsis regibus hominum in divino reddituri sunt examine rationem. » Et paucis interpositis, inquit : « Nosti itaque inter hec, ex illorum te pendere judicio, non illos ad tuam velle redigi voluntatem. » Aussitôt Grégoire VII continue : « Talibus ergo institutis talibusque fulti auctoritatibus, plerique pontificum, alii reges, alii imperatores excommunicaverunt. » Il veut ainsi, à l'aide des paroles de Gélase, justifier son droit d'avoir excommunié Henri IV, de l'avoir dépouillé de sa puissance et de sa dignité royales, et d'avoir délié ses sujets de leur serment de fidélité : il s'en donne l'apparence, en omettant les paroles de Gélase qui précédaient : « Nosti etenim, fili clementissime, quod liceat prœsideas humano generi dignitate, rerum tamen prxsulibus divinarum colla submittis, atque ab eis causas tux salutis expectas, inque sumendis cxlestibus sacramentis, eisque [ut competit) disponendis, subdi te debere cognoscis religionis oïdine potius quam prœesse. Nosti itaque... » — Dcellinger ne dit donc rien de trop, en accusant Grégoire VII d'avoir, par certaines omissions et le rapprochemeut de phrases séparées, dénaturé le sens de la lettre de Gélase.

147. (p. 40,. — Concil. Tolet. VII, cari. 1, Mansi, X, 767 : Si quis vero hxc instituta putaverit esse execranda, anathema fiât, et velut prœvaricator catli. fldei semper apud Deum reus existât quicunque regum deinceps canonis hujus censuram in quocumque crcdiderit vel permise rit riolandum. — 25, causa qu. 1, c. Hadrianus papa. Generali decreto eonstituimus ut execrandum anathema fiât, et veluti prgevaricatOT rniii. fidei semper apud Deum reus existât, quicunque regum seu episcoporum vel potentum deinceps Rom. pontificum decretorum censuram crcdiderit vel permiserit violandum.

148. (p. 40). — Voici la progression qu'on a suivie : d'abord, les Capitula Angilramni (de Ps. -Isidore, d'après J.) c. XX, changèrent le canon de Tolède : Item generali decreto eonstituimus, ut excerandum anathema et relut prœvaricator cath. fidei apud dominum reus existât, qiiicumque regum vel potentum deinceps canonum censuram in quocumque crediderit vel permiserit violandam, Hinschius, Ps.-Isid., p. 769. — Puis, Deusdedit, lib. 4, c. 50, p. 376, en fait un decretum Adriani ad Gilramnum ep., mais encore avec les mots icanonum censuram ». Enfin. Anselm. Luc. lib. 12, c. 2 en tira : quod omnes violatores decretorum rom. pontificum sint anathema. Mai, Spicil, VI, 388.

149. (p. 40). — Le moine Bernold, dans son Apol. contra schismaticos. écrite en 1087 (Migne, 148. 1223) utilise déjà la falsification : « Ap. sedis statula. » Le canon, ainsi falsifié, lui était une arme des plus précieuses, comme on le voit par ses écrits : De vitanda excoram. , Tractât, de prud. dispensât, ecclesiast. sanction. ; De solut. jurament. tract. ; Migne, 148, 1210. 1253, 1266.

150. (p. 41). — Hinschius, décret. Ps.-Isid.. p. 464 : Habet enim potestatem singulari privilegio sibi concessam aperirc et claudere januas regni cœleslis quibus roluerit.

151. (p. 41). — Aux inauthentiques paroles du Pseudo-Julius, Grégoire ajoute (Registr. VIII, 21, p. 455) : Oui eigo aperiendi claudendique cœli data est potestas. de terra judicare non licet ? Absit. — De terra, c'est-à-dire juger les rois.

152. (p. 41). — Deusdedi't, lib. 1, c. 8. 19, p. 37, 41. Anselm. Luc. lib. 1 c. 23, Mai, Spicil. VI. 317 ; Bonizo. lib. 3. c. 20, Mai, Nov. bibl. VII, 3, 47. Polycarpus de Grégoire, lib. 4. tit. 34.

153. (p. 41). — V. la formule d'excommunication de 1076, Registr. III, 10 a, p. 224 ; Specialiter pro vice tua michi commissa et michi tua gratia est potestas a Deo data ligandi atque solvendi in celo et in terra. Hac itaque fiducia fretus... per tuam auctoritatem Heinrico régi... totius regni Teutonicorum et Italix gubernaculis contradico ; et omnes Ctvristianos a vinculo juramenti... absolvo.

154. (p. 41). — Allocution lors de la déposition d'Henri IV. Registr. VII, 14, p. 404 : Agite nunc. quœso. patres et principes sanctissimi. ut omnis mundus intelligat et cognoscat, quia, si potestis in cœlo ligare

et solvere, potestis in terra imperia régna principatus ducatus marchias comitatus et omnium hominum possessiones pro meiitis tollere unicuique et concedere. Vos enim patriarchatus primatus archiepiscopatus episcopatus fréquenter tulistis praxis et indignis, et religiosis viris dedistis. Si enim spiritualia judicatis, quid de ssecularibus vos posse credendum est ! Et si angelos dominantes omnibus superbis piincipibus judicabilis, quid de illorum servis facere potestis ! Addiscant nunc reges et omnes sœculi principes, quanti vos estis, quid potestis ; et timeant parvipendere jussionem ecclesiae vestrx. Et in prsedicto Heinrico tam cito judicium vestrum exercete, ut omnes sciant, qaia non fortuito sed vestra potestate cadet. Confundatur utinam ad penitenliam, ut spiritus sit salvus in die Domini.

155. (p. 41). — Mansi, XV, 188 où il fait le récit d'après ftufin. h. e. I, 2, et, en réalité où il copie Gregor. M. ad M au rit. imper., Maur. V, 40, J. 1359.

156. (p. 41). — Dist. 96, 7 : « Satis evidenter ostenditur, a seculari potentia nec ligari prorsus nec solvi posse Pontificem, quem constat a pio Principe Constantino Deum appellatum, nec posse Deum ab hominibus judicari, manifestum est. » — Voici quel a été le développement progressif de cette fable. Jérôme avait déjà interprêté le « Vos autem » de Matth. 16, 15, comme si Jésus avait entendu désigner les apôtres en qualité de « dit » : puis, Rufln, h. e. I, 2, avait narré le conte de l'empereur Constantin: Grégoire le Grand l'incorpora dans son ep. V, 40 à l'empereur Maurice, en invoquant les passages de l'Exode, 22, 28 et de Malachie, 2, 7. De son côté, Nicolas I copia mot à mot Grégoire, Mansi, XV, 188 ; mais, à la fin de cette même lettre, il ajouta : « [quibus omnibus rite collatis] satis evidenter... Constantino. [quod longe superius memoravimus] Deum apipellatum... manifestum est. Deusdedit, 4, 58 copia Grégoire le Grand : « Quod sacerdotes ab imperatore honorandi sunt, non iudicandi — in sacro eloquio dii et angeli nominantur » (p. 380) ; en revanche, lib. 4 c. 98, p. 415, il fait dire à Constantin que le pape est iun dieu, que les hommes n'ont pas le droit de juger. Grégoire VII adopte de même, VIII, 21, p. 457, la version de Rufin, en l'appliquant, naturellement, à lui-même, en y ajoutant : « verum se ad illorum pendere arbitrium iudicavit (Constantinus) », addition qui n'existe même pas dans Dieudonné. Gratien, enfin, a inséré textuellement dans son décreft, dist. 96, 7, le second passage de Nicolas I" (XV, 215), en omettant les passages entre crochets.

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