‹ La Paralysie du Nerf Spinal dans la SyphilisChapitre 13 sur 25 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

(Gerhardt, — Berliner Klinische Wochenschr., 1893, p. 369.)

Femme de quarante-cinq ans. Pas d’hérédité chargée.

Un enfant et deux fausses couches.

A seizeans, intoxication oxycarbonée, puisfièvre typhoïde.

1] y a six ans, perte de l’ouïe de l'oreille gauche, soi-disant à la suite d'une peur ; depuis ce temps, faiblesse dans les jambes, étourdissements, douleurs dans tout le corps, sensation de ceinture autour de la poitrine; ily a quelques mois, crachements de sang ; grand amaigrissement et affaiblissement général.

La malade, très déprimée, très affaiblie, ne peut marcher sans aide et présente alors.une démarche nettement tabétique. On trouve dé plus : signe de Romberg, ataxie marquée des extrémités supérieures et inférieures, absence des réflexes patellaires et pupillaires, héméralopie, surdité à gauche (la membrane du tympan est ratatinée cicatriciellement, terne et sclérosée). Goût et adorat normaux.

A l'examen laryngoscopique : situation et mobilité du voile du palais normales ; paralysie bilatérale des cricoa ryténoïdiens postérieurs, qui a pris à gauche le développement d'une parésie récurrentielle déjà très accentuée ; pas d'anomalie de la coloration ou de la sensibilité de la muqueuse.

La voix est faible, ce qui n’a rien d'étonnant, car la ferme-

ture complète de la glotteest obtenue par l'hyperadduction

ae 47 — de la corde vocale droite. Le point d'Oppenheim est légèrement sensible des deux côtés. Pas de difficulté de déglutition.

Les deux muscles sterno-cléido-mastoïdiens présentent une atrophie nette, surtout dans leur portion claviculaire, le gauche plus que le droit. Le lrapèze gauche est fortement atrophié, le droit peu ou pas du tout. La partie inférieure est la plus prise. L'omoplate gauche est plus loin de la ligne médiane que la droite ; alors que celle-ci peut être amenée jusqu'à la colonne vertébrale, la gauche en reste assez distante. À gauche, on voitnettement le gonflement des muscles rhomboïdes, pas à droite. Dans l'élévation des épaules, la gauche, et surtout son acromion, restent très en arrière de la droite. Le bras gauche ne peut être complètement élevé jusqu'à la verticale. Tous les autres mouvements des bras et de la tête sont libres.

La paralysie est donc plus forte à gauche aussi bien dans la branche externe que dans la branche interne.

Pouls, 95 par minute.

Il y a de vraies crises laryngées qui surviennent depuis plusieurs.années déjà avec une fréquence variable, généralement avec des intervalles de quelques jours, le plus souvent une seule fois, de temps en temps deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures.

Leur évolution est la suivante : la malade a subitement de violents accès detoux, qui mènent rapidement à l'oppres- ‘sion et qui l'éveillent dans la nuit. Elle doit s'asseoir, l'inssypiration est pénible et accompagnée d’un bruit criard. La malade a l'impression d’être serrée à la gorge. Pas d’autres sensations. La crise dure environ cinq minutes. Parfois,

mais pas toujours, on put, à la clinique, faire cesser l’oppres-

die

sion par la cocaïnisation du nez. Dans les intervalles, l’excitation de la muqueuse nasale ne provoque que des éternuements.

En même temps on constate une hémiatrophie gauche de la langue et une parésie du diaphragme. On ne remarque, dans l'inspiration, aucune élévation de l'abdomen ; dans l'inspiration profonde, le bord inférieur du foie remonte de 1 centimètre à rem. 1/2. Quand on l'y invite, la malade peut aussi faire des mouvements d'inspiration avec le ventre, mais ils sont faciles à empêcher avec la main. L'excitation des nerfs phréniques produit un enfoncement du diaphragme, et cela plus à droite qu’à gauche. Le côté

gauche est donc, ici aussi, plus atteint que le droit.

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