‹ La Paralysie du Nerf Spinal dans la SyphilisChapitre 23 sur 25 · ESSAI DE DISCUSSION ET DE PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

ESSAI DE DISCUSSION ET DE PATHOGÉNIE

Les observations que nous avons recueillies montrent donc que la lésion du nerf spinal, bien que rare, existe dans la spécificité. Dans la syphilis proprement dite on n’en a pas, croyons-nous, signalé de cas en France jusqu'ici ; et à l’étranger nous n’avons trouvé que deux cas de celte paralysie, publiés en Allemagne. Il était donc très intéressant d'attirer l’attention des neurologistes sur ce point particulier de la pathologie.

Dans le tabes nous avons vu qu’on avait signalé onze Cas, el peut-être, maintenant qu on connaît mieux cette paralysie du spinal, de nouvelles observations plus nombreuses viendront-elles bientôt s'ajouter à celles déjà connues.

Dans notre cas, le malade, syphilitique, n'avait aucun trouble spécifique des centres nerveux ; nous avons vu que ses réflexes étaient intacts, que ses réservoirs fonctionnaient bien et que du côté des yeux on ne notait aucun symptôme. Le moindre des signes du tabes avait été recherché sans résultats. Et quelle belle paralysie du spinal il présentait cependant! On peut en juger par les photographies que

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nous publions. Une chose frappe, quand on regarde le malade par devant : c'est l'existence de ce creux sus-claviculaire auquel M. Sicard attache la valeur d'un grand symplôme, et qui vraiment est un des meilleurs signes de la maladie en question. Presque tous les auteurs en parlent dans leurs observations, mais sans y insister suffisamment. Chez notre malade on conslatait au-dessus de la clavicule une vraie cuvette, Elle existait aussi très netie chez une malade que nous avons pu examiner grâce à l'obligeance du Dr Babinski. Celte dame, opérée il y a deux ans pour un lorticolis mental de Brissaud par la section du spinal présente réunis à peu près tous les signes de la paralysie de la branche externe : les saillies des muscles sterno-mastoïdiens et trapèze ont disparu, lie bras gauche s'élève plus lentement et moins haut que le bras droit, épaule gauche est abaissée et élargie et le bord spinal de l’omoplate basculé légèrement s'est rapproché de la colonne vertébrale. Mais chez elle un Lon symptôme qui éclate aux yeux et fait faire presque le diagnostic, c’est le creux sus-claviculaire dont le D' Sicard a montré limportance.

Mais par quel processus notre malade a-t-il pu avoir une paralysie isolée de son nerf spinal, en pleine période tertiaire ? Chez lui, pas d’exostoses ni de lésions syphilitiques des vertèbres comme dans le cas de Remak. On est tenté de penser qu'il s’agissait d’une plaque de pachyméningite spécifique, localisée aux racines du spinal dont le trajet intrarachidien est si long !

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