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Dans le cas de Remak, où la lésion du spinal avait amené une paralysie du sterno et du trapèze typique, il y avait des troubles du larynx assez prononcés, mais pas de troubles du côté des autres nerfs craniens. Les troubles du larynx existaient aussi chez notre malade (voix bitonale) et ils reparaissent dans la | lupart des observations. C’est qu'en effet la branche interne du spinal est la plupart du temps lésée en même temps que la branche externe. Chez tous les tabétiques des auteurs allemands ne trouve-t-on pas des troubles du côté du pneumogastrique ? Tantôt c’est de laccélération du pouls, tantôt des troubles de la musculature du larynx ou du voile. Chez le malade de Remak il existait une carie vertébrale spécifique. Et n’est-il pas probable que là encore la pachyméningite était en cause ?
Ainsi en était-il dans le cas d'Oppenheim qu'il publia sons ce titre : &« Un cas d'affection syphilitique du système nerveux central qui en imposa passagèrement pour le tableau clinique du tabes dorsal. » Comme nous l'avons déjà dit plus haut, on trouva à l’autopsie Qune pachyméningite interne chronique irès inlense el une arachnoïdite gommeuse ». Pour les observations du nerf spinal chez les labétiques, il n’y a pas eu malheureusement d’autopsie. {1 n’y en a pas eu non plus dans ce cas de Bieck où le nerf optique, le nerf olfactif, le nerf moteur oculaire, le nerf facial, l’audilif, le glosso-pharyngien, le nerf vague, le spinal et le grand hypoglosse étaient inté-
ressés à la fois, mais cette diffusion des lésions, chez
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un spécifique, peut-elle mieux s'expliquer que par des lésions plus ou moins diffuses de méningite ?
Dans notre cas, la ponction lombaire, en indiquant si le liquide céphalo-rachidien renfermait ou non des lymphocytes aurait pu être d’un résullat très précieux. Chez ce malade, qui en était à son lertiarisme, elle aurait peut-être donné la clef du problème. Mais le malade ne voulut pas se laisser faire celte ponction si inoffensive quand elle est bien faite. II est maintenant à l'étranger. M. Sicard espère le décider à se laisser ponctionner quand il reviendra.
Que disent les auteurs sur l’origine pathogénique de la paralysie de la branche externe du spinal, non pas dans la syphilis,car,nous l'avons vu,notre observation est la première publiée en France et les deux observations allemandes n'ont guère été discutées, mais dans le tabes, cette maladie para-syphilitique ?
Les uns, qui considèrent le tabes comme une maladie essentielle soit des racines postérieures, soit des cordons postérieurs,soit du neurone sensitif ne voient dans la plupart des paralysies et dans celle du spinal en particulier que la complication tout à fait accidentelle d’une névrite motrice.
Mais d’autres, se basant sur les atrophies cellulaires qu’on a décrites au cours de paralysie motrice dans Ie tabes (lésions de trijumeau, de l’acoustique, de l’hypoglosse, etc.) donnent aux paralysies du spinal une origine nucléaire. D'autres enfin adoptent une opinion mixte.
Or, chez notre malade, l'existence de douleurs
assez vives établissent qu'il ne devait pas s’agir d’une paralysie d’origine nucléaire. Les douleurs existaient aussi chez le malade de Remak. Chez notre sujet elles furent beaucoup améliorées par le traitement spécifique.
Mais ne savons-nous pas que la plupart des tahétiques ont des lésions de méningite chronique ; ne peut-il en être de même dans la syphilis tertiaire ? Ces productions blanchâtres, translucides, qui cloisonnent l'espace sous-arachnoïdien et par place forment des plaques plus épaisses infiltrées parfois de dépôtcalcaire, sielles se limitent surtout dansle tabes au voisinage des cordons postérieurs et des racines postérieures peuvent peut-être expliquer malgré tout des paralysies d’un nerf exclusivement moteur,il est vrai : le spinal.
En elinique, aujourd'hui, on donne à la méningite dans le tabes une grande importance. C'est que la cytologie est venue révolutionher un peu la pathologie de la moelle ; elle nous a révélé combien les réactions méningées sont fréquentes chez les tabétiques. Or pourquoi des syphilitiques, pendant la période tertiaire, ne feraient-ils pas de la lepto ou de la pachyméningite localisée ? Tabes et syphilis sont si proches parents !
Cela est si vrai qu'ilsse masquent parfois l’un l’autre. Oppenheim croyait à un tabes, il trouve une pachynéningite spécilique ; il y à là une sorte de domaine un peu flou où se rencontrent les affections
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d’origine spécifique, mais la cytologie a commencé à l’éclaircir en nous montrant la lésion méningée.
En 190, Cahn, dans le Deutche Archio. f. Klin. Medic., a montré que dans les paralysies laryngées tabétiques il peut y avoir de la névrite des nerfs du larynx sans que les noyaux centraux soient inléressés. Il n’y a là qu’un début de démonstration. Mais ne peut-il se faire que cette ncvrite périphérique soit sous la dépenaance de lésions méningées ? Et cette altération des racines du spinal par la méningite, si on l’admet pour la branche interne, pourquoi ne la soupçonnerait-on pas quand il s’agit dela branche externe ?
Nous pensons que la paralysie de la branche externe du spinal dans la syphilis est d’origine méningée : c’esl une méningo-radiculite.
Nous avons vu dans les observalions que cette paralysie est très variable. Elle s'accompagne la plupart du temps de douleurs. Tanlôt elle est bilatérale, tantôt située d’un seul côté, tantôt totale, tantôt partielle, tantôt complèle ou incomplète. De plus elle est associée souvent à des troubles dans Île domaine des autres nerfs craniens et cervicaux. Ne savons-nous pas que les lésions nucléaires ont pour caractère d’être en général limitées, totales et complètes ?