‹ La Paralysie du Nerf Spinal dans la SyphilisChapitre 4 sur 25 · APN MON ET EN AE SE OT · texte numérisé non relu

APN MON ET EN AE SE OT

OBSERVATION I (Personnelle)

(En collaboration avec M. le Dr Sicard.)

Le malade, M. G..., a cinquante-deux ans. Pas d’antécédents nerveux dans sa famille. Pas de maladies dans l'enfance ni à la puberté.

À quarante-huit ans, c'est-à-dire il y a quatre ans, ila contracté la syphilis. Il a été soigné pendant quelques mois en 1906 par le D: Jacquet.

En 1907 il n’a suivi aucun traitement.

En mai 1908 sont survenues des douleurs cervico-scapulaires à gauche, douleurs diurnes et nocturnes à peu près continues, mais à poussées plus nettement douloureuses.

En juin 1908 il a été soigné à la maison Dubois par M. Enriquez qui l’a traité par une série de vingt piqûres de biodure de mercure à 2 centigrammes par piqûres. Ce traitement a atténué les douleurs névralgiques.

En août, ila fait une saison à Vichy sous la direction du Dr Binet. Mais à la fin de ce mois les douleurs sont revenues plus intenses ; en même temps la voix est devenue bitonale, plus faible, éteinte le soir. Un traitement par les pilules de protoiodure n’a amené aucune amélioration.

; M. Sicard voit le malade le 22 septembre 1908. Il examine son système nerveux.

Iln'y a pas de troubles de la mémoire ni de l'intelligence.

Pas de paralysie en dehors du trapèze et du sterno-mas-

toïdien gauche comme nous verrons. Pas de paralysie au niveau de la face, de la langue, ni des yeux. Pas de nystagmus. On recherchele signe d’Argyll , il n'existe pas, et la pupille réagit parfaitement à la lumière comme à l’accommodation. Les réflexes tendineux, soigneusement examinés, sont normaux au membre supérieur comme au membre inférieur. Pas de trépidation épileptoïde ni de signe de Babinski. Pas de nystagmus ni de signe de Romberg. De plus le malade n’accuse aucun tremblement et les pupilles sont égales. Il n’y a pas de troubles de la sensibilité générale, de retard des sensations ni de dissociation syringomyélique. Il n’y a pas non plus de troubles du côté des organes sensoriels : ouïe, goût, odorat. Pas d’anesthésies. Enfin pas de troubles viscéraux : rien du côté des sphincters, pas de vomissements, pouls normal, respiration normale, urines normales.

Mais en examinant le malade à nu, on voit immédiatement qu'il a une difformité de la région cervico-scapulaire du côté gauche.

A ce niveau on constate nettement ce qui suit:

L'épaule du côté gauche paraît élargie.

Les saillies des muscles trapèze et sterno-mastoïdien gauches ont disparu.

On constate aussi la formation d'une véritable cavité sus-claviculaire.

Les mouvements de l’épaule et du bras gauche sont gênés et du côté gauche le malade ne peut soulever un objet lourd ; l'épaule est abaïissée et projetée en avant. De plus l'omoplate du-côté gauche fait saillie et son bord spinal est notablement

plus écarté du plan médian que le bord spinal de l'omoplate

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du côté sain. S'il n’y a pas de troubles de la sensibilité générale, le malade ressent toujours dans la région scapulo-cervi cale du côté gauche des douleurs vives et des tiraillements,

Pour faire cesser ces douleurs qui exaspéraient le malade, M. le D: Sicard entreprit le traitement suivant :

22 injections de biiodure de mercure à 1 cgr. 1/2, plus 15 frictions mercurielles à 4 grammes d'onguent napolitain, plus 4 grammes par jour d’iodure de potassium pendant vingt jours, plus 10 injections de lipiodol à 2 centimètres cubes par injection.

L'iodure de potassium eut surtout un effet remarquable.

On observa : l

La disparition des douleurs;

Le retour progressif de la force musculaire ;

L'atténuation des signes laryngés ;

Actuellement le malade continue à prendre de l’iodure de potassium. Il a quitté Paris.

Aiïnsi, chez ce spécifique, on a recherché soigneusement tous les symptômes de la série tabétique sans pouvoir en trouver un seul. On n’a trouvé non plus aucune réaction du côté de sa moelle : réflexes normaux. La ponction lombaire n’a pas été faite.

L'examen électrique a été fait par M. le D: Allard et voici la note remise par lui :

«On constate une diminution simple des excitabilités électriques galvanique et faradique dans le trapèze et le sterno-mastoidien du côté gauche. L'action des deux pôles positif et négatif tend à s’égaliser, mais il n’y a pas encore d'inversion. De plus, l'excitation directe du nerf spinal persiste

encore. Iln'y a donc pas DR, mème partielle. La sensation

ANS GRR

du courant galvanique surtout est très pénible à gauche. »

Suit l'examen détaillé :

Excitation faradique D. G.

NS RE EMRRTRE e rase re 12 cm. 8 cm.

N. sterno-mastoïdien . . 14 cm. 6 cm.

N. trapèze antérieur. . , 14 em. 8 cm.

Nemo TS SN Sr va 14 cm. 6 cm. contr. faible N: postérieur: 13 cm. 5 cm. contr. faible Ercilation galvanique :

Me Dit le TE nr AE | AU ue + 3 ma + 11 ma Rene — 1 ma. — 6 ma M. sterno-mastoïdien. . | 19 ma; | L 7 ma.

MARS téri — 1 ma — 10 ma : trapèze antérieur , . |. 3 ma + 12 ma 1 MG Ra CPE — 1 ma — 1? ma.

PE a NE EE Le 12 "mac M. — postérieur. . | | nus HORATA + 2 ma. 5 | + 12 ma.

Les excitabilités des autres muscles de l’épaule et les bras sont normales,

En somme, tout porte à croire qu'il s’agit d’une méningo-

radiculite cervico-bulbaire gauche.

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